«Un geste laid»: Mbappé crée la polémique
Avant cette finale de Supercoupe d'Espagne dimanche, il y avait une grande question: Kylian Mbappé jouera-t-il? L'attaquant français du Real Madrid, blessé au genou gauche et absent lors des deux derniers matchs, avait rejoint son équipe à Djeddah vendredi, en cours de compétition.
Oui, Mbappé a joué contre le FC Barcelone. Il est entré à la 76e minute, alors que le score était déjà scellé (3-2 pour le Barça). Mais sa prestation ballon au pied passe au second plan.
Ce dont toute la presse espagnole parle ce lundi, c'est le geste d'humeur du numéro 10 madrilène après la défaite, lors de la remise des médailles. Juste après avoir reçu sa breloque, Mbappé, visage fermé, s'adresse avec virulence à ses coéquipiers restés proches du podium, en leur demandant aussi avec les bras de le rejoindre et de filer directement aux vestiaires.
Mbappé «s’est agité (...) en leur demandant de ne pas se positionner pour rendre l’hommage aux rivaux catalans», écrit RMC Sport, qui reprend le journaliste espagnol Alfredo Martinez.
La scène en vidéo
L'hommage en question? Le célèbre pasillo, la haie d'honneur. Dans le football espagnol, elle est une tradition pour honorer les vainqueurs d'un trophée. Suivant les consignes de Mbappé, plusieurs joueurs du Real ont donc refusé le pasillo aux Barcelonais – leurs ennemis héréditaires – au moment où ceux-ci montaient sur le podium. Une manière de ne pas accepter une deuxième humiliation, après la défaite. «C'est une preuve de caractère et de fierté», renchérit un internaute sur X.
Mais pour une partie des médias espagnols, principalement catalans, c'est surtout «un geste de mauvais perdant», comme l'écrit par exemple Mundo Deportivo. Beaucoup d'internautes vont dans ce sens, déplorant «un manque de classe et de respect». Les plus virulents dénoncent un «geste laid».
Face à la polémique, le Real Madrid se défend en avançant une excuse pour le moins surprenante: c'est la fédération qui aurait demandé aux joueurs de s'écarter du podium – et donc ne pas faire la haie d'honneur – pour ne pas obstruer le champ de vision des caméras.
Des antécédents et un match bouillant
Ce n'est pas la première fois qu'une haie d'honneur amène du rififi entre les deux grands rivaux. En 2018, alors que le Barça est d'ores et déjà champion national, le Real lui refuse le pasillo. La raison invoquée par les Madrilènes? Ils ne veulent pas rendre un hommage que leurs adversaires leur ont refusé quelques mois plus tôt.
En effet, les Catalans n'ont pas formé de haie d'honneur pour célébrer le sacre du Real en Coupe du monde des clubs. Les Blaugrana ont justifié leur (non) geste par le fait qu'ils n'avaient pas participé à cette compétition.
La polémique engendrée dimanche par Mbappé n'est donc que la dernière d'une longue liste entre les deux ennemis. Cette finale de Supercoupe a d'ailleurs rappelé les moments les plus chauds de cette rivalité, dans la première moitié des années 2010.
Les clasicos de cette période étaient très souvent émaillés de bagarres, de mauvais gestes et de déclarations choc, avec notamment un certain José Mourinho sur le banc madrilène.
Sur la pelouse saoudienne, on a par exemple vu le défenseur du Real Alvaro Carreras poser une méchante semelle sur la cheville de la pépite du Barça Lamine Yamal.
Il ne pourra pas dire qu'il jouait le ballon
Ou le Barcelonais Frenkie de Jong être expulsé après avoir laissé ses crampons sur le tibia de Mbappé.
Lui non plus
Sans oublier les gestes et chants obscènes de deux joueurs catalans (Pau Cubarsi et Fermin Lopez) à la fin du match.
Les dirigeants n'ont pas été en reste. Avant cette finale, le président du Barça, Joan Laporta, a déclaré:
De quoi exacerber la rivalité et faire monter la température sur le terrain.
Pris en flagrant délit
🔥 La celebración del Barça tras el pitido final: ¿qué hace Cubarsí? 💥
— MARCA (@marca) January 11, 2026
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Laporta fait référence à l'«affaire Negreira», qui a éclaté en 2023. Le FC Barcelone est toujours sous enquête après des paiements présumés de plus de 7,3 millions d'euros à cet ancien cadre de l'arbitrage espagnol, sur plusieurs années. Le Real Madrid et son président, Florentino Pérez, ne manquent pas une occasion d'attaquer leur grand rival sur ce sujet.
On se réjouit déjà du prochain clasico en Liga, en mai, avec assurément du spectacle sur et en dehors du terrain. D'autant que ces deux équipes sont, comme toujours, à la lutte pour le titre: les Catalans, leaders, n'ont que quatre points d'avance sur les Madrilènes. Reste donc à savoir qui fera (ou pas) la traditionnelle haie d'honneur.
