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«On ne peut s'entraîner que deux fois par semaine dont une fois, le vendredi, sur une seule moitié de terrain», pose Manolo Pagani, entraîneur de Geneva Futsal.
«On ne peut s'entraîner que deux fois par semaine dont une fois, le vendredi, sur une seule moitié de terrain», pose Manolo Pagani, entraîneur de Geneva Futsal.Image: DR

L'équipe de Geneva Futsal accuse les autorités de la laisser à la rue

La meilleure équipe romande de futsal (3e de première division) a déjà dû déplacer quatre matches à domicile sur terrain adverse faute de salle disponible. «On leur en a pourtant proposées», rétorque le canton.
02.12.2021, 11:4302.12.2021, 15:33
Julien Caloz
Julien Caloz
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Dimanche dernier, l'équipe de Geneva Futsal a accueilli son adversaire argovien à 231 km (!) de chez elle, soit chez la formation qui était censée jouer à l'extérieur ce jour-là. La raison: «Aucun terrain ne nous a été alloué par la Ville ou le Canton», selon le président Jose Rodrigues, fâché par le manque de soutien des autorités.

«Cela fait 4 ans que je suis président du club et 4 ans qu'on joue le haut de tableau. C'est la première année qu'on doit déplacer certains de nos matchs à l'extérieur. C'est la honte. On est très énervés. On n'est pas loin de baisser les bras, et de lâcher le club».

Surtout quand, comme dimanche, la camionnette du club tombe en panne. «On a dû aller avec nos propres moyens jusqu'en Argovie», râle Davide, joueur d'une équipe qu'il décrit comme exemplaire. «À Genève, on a le talent. On se débrouille!» Et plutôt bien: la formation du bout du lac est la meilleure de Suisse romande. Elle pointe au 3e rang du classement de première division (après 11 journées) derrière deux formations alémaniques.

Ses résultats se font au prix d'une gymnastique perpétuelle, selon le coach. «On ne peut s'entraîner que deux fois par semaine dont une fois, le vendredi, sur une seule moitié de terrain, pose Manolo Pagani. Il est très difficile de travailler dans ces conditions. Comment voulez-vous préparer votre équipe tactiquement sur une moitié de salle?»

Le technicien en exercice.
Le technicien en exercice.

Président, entraîneur et joueurs suspectent une forme de mépris de la part des autorités.

«Le futsal n'est pas très bien considéré en Suisse. Pour beaucoup, c'est le sport qu'on fait en hiver quand les terrains extérieurs sont gelés»
Davide, joueur du Geneva Futsal

Le président Jose Rodrigues dit souffrir de cette réputation, et estime en subir les conséquences: «On aime bien jouer au Centre sportif du Bout-du-Monde, mais on nous a dit qu'il n'y avait pas de place pour nous là-bas, que d'autres équipes y évoluaient depuis des années et qu'ils avaient la priorité. On a quand même quatre joueurs en équipe de Suisse, on a disputé la Coupe d'Europe! J'ai l'impression qu'on n'est pas pris au sérieux. C'est frustrant d'avoir du potentiel mais de ne pas pouvoir l'exploiter», résume le coach.

Contactés, le Canton et la Ville accueillent les plaintes de ces cracks du futsal avec une incompréhension teintée d'agacement.

  • L'Office cantonal de la culture et du sport rappelle que des salles sont disponibles et ont été proposées. «J'ai presque mis en place une cellule de crise pour aider Geneva Futsal, assure Jérôme Blanc, chef de projet. C'est au dirigeant désormais de s'organiser pour réserver des créneaux, car ses joueurs le méritent. On est fier d'avoir une équipe de si haut niveau dans le canton».
  • La Ville reconnaît qu'il est compliqué d'accepter toutes les requêtes des clubs, et donc également du Geneva Futsal. «Mais son président ne peut pas dire que nous ne faisons pas d'efforts, insiste Sybille Bonvin, cheffe de service. Nous essayons de lui trouver des solutions et lui proposons dès que nous le pouvons des créneaux dans un calendrier déjà surchargé. Il est même arrivé qu'il réserve une salle et que malheureusement personne ne vienne. Ce qui est dommage en sachant que nous avons beaucoup de demandes en attente».

Nos interlocuteurs envisagent deux solutions pour le club. La première, à moyen terme, consiste à patienter jusqu'au réaménagement du Bout-du-Monde, qui proposera plus de salles d'ici 2026/28. La seconde, à court terme, réside dans une approche moins frontale de la situation. Jérôme Blanc résume en deux phrases: «La balle est dans le camp de Geneva Futsal. Ou plutôt, les 50 balles que nous lui avons déjà envoyées».

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