Pourquoi la Bosnie tombe au pire moment pour la Nati
Jamais depuis que la statistique des tirs est enregistrée, soit depuis 1966, la Suisse n’avait tiré autant de fois au but lors d’un match de Coupe du monde, samedi contre le Qatar.
Pourtant, malgré ses 26 tentatives, elle n’a marqué qu’une seule fois, qui plus est sur penalty. Une situation qui tranche avec les éliminatoires, où la Nati avait parfois affiché une réussite presque insolente, frôlant les 50% lors de certaines rencontres, et qui laissait présager des difficultés le jour où la chance viendrait à manquer.
Une des explications à cette faillite devant le but qatari tient à la saison du trio offensif Embolo-Ndoye-Vargas, qui n'a inscrit qu'une quinzaine de buts en club lors de l'exercice écoulé. Les attaquants manquent de confiance, et parfois même de temps de jeu. Ruben Vargas n'a plus fait trembler les filets avec Séville depuis novembre 2025, tandis que Dan Ndoye n'a plus été titularisé en Premier League depuis décembre.
C’est dans ce contexte que les hommes de Murat Yakin doivent désormais retrouver de l’efficacité en attaque, sous peine de voir le doute s’installer pour la suite de la compétition. Problème: la Bosnie-Herzégovine, un adversaire loin d'être idéal pour se rassurer offensivement tant il est bien structuré en défense, se dresse sur leur chemin.
La Bosnie n'a jamais concédé plus d'un but lors de ses huit dernières sorties et a encore montré sa solidité lors de son entrée en lice au Mondial, contre le Canada.
Après avoir rapidement ouvert le score, elle a garé le bus devant son but et sérieusement embêté son adversaire, avec un bloc bas difficile à manœuvrer. Jusqu'à neuf joueurs de champ défendaient souvent dans la surface de réparation.
Pour le beau jeu, il faudra repasser. Mais pour ce qui est du courage, de la combativité et du sens du sacrifice, les Dragons ont été immenses. En témoignent les nombreuses courses pour combler les espaces et ce sauvetage de l'arrière gauche Sead Kolasinac qui, jambe tendue, a détourné sur sa barre une frappe de Richie Laryea qui filait au but.
Un sauvetage qui vaut de l'or ⬇️
Les statistiques résument bien la performance des Bosniens: ils ont totalisé 90 interventions défensives, dont 26 pour l'homme du match, le défenseur central Nikola Katic, et 25 pour son acolyte Tarik Muharemovic.
Les Dragons ont également effectué 71 dégagements, ce qui fait d'eux la quatrième équipe seulement à dépasser la barre des 70 unités lors d'un match de Coupe du monde depuis la comptabilisation de cette statistique, là encore à partir de 1966. Parmi les trois sélections devant figure le Paraguay qui, emmené par son mythique gardien José Luis Chilavert, avait réalisé 72 dégagements contre la France en huitième de finale du Mondial 1998 et fait douter les Bleus pendant plus de 110 minutes, avant leur premier sacre quelques jours plus tard au Stade de France.
La Bosnie a finalement cédé en fin de match et partagé les points avec le Canada, dont les chiffres rappellent quelque peu ceux de la Nati contre le Qatar. Les Canucks ont tenté treize tirs et se sont procuré deux véritables occasions franches, selon la définition du statisticien Opta.
La Suisse serait donc bien inspirée de ne pas encaisser en premier jeudi au Stade de Los Angeles, sous peine de voir la Bosnie bétonner. Mais même à 0-0, le risque que les Dragons verrouillent le jeu est réel. Après tout, un match nul contre le favori du groupe constituerait un excellent résultat pour eux dans une configuration où le troisième, avec trois points, peut très bien se qualifier pour la suite de la compétition. D’autant qu’il leur restera, comme troisième adversaire de groupe, le Qatar, soit l’équipe la plus abordable de la poule, pour conclure la première phase.
Breel Embolo et ses coéquipiers sont prévenus.
