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Killian Mottet et Fribourg-Gottéron mènent 3-1 dans leur quart de finale des play-off contre le Lausanne HC.
Killian Mottet et Fribourg-Gottéron mènent 3-1 dans leur quart de finale des play-off contre le Lausanne HC. imaGE: KEYSTONE

«Killian Mottet est la bougie d'allumage des émotions sur la glace»

Killian Mottet et Fribourg-Gottéron peuvent valider leur billet pour les demi-finales des play-off ce samedi soir contre Lausanne, à la BCF Arena. Le numéro 71 est l'un des fers de lance d'une équipe à qui il apporte talent et rage de vaincre. Portrait.
02.04.2022, 07:5802.04.2022, 13:08
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Son protège-dents blanc lui donne un sourire carnassier. Ses yeux vifs et écarquillés accentuent l'impression de voir un prédateur à l'affût de sa prochaine proie. Remplacez le gibier par un puck (ou un adversaire à aller plaquer contre le plexiglas) et vous obtenez une image on ne peut plus réaliste de Killian Mottet sur la glace.

Killian Mottet et son légendaire protège-dents blanc avec une moustache noire.
Killian Mottet et son légendaire protège-dents blanc avec une moustache noire. Image: keystone

Oui, le Fribourgeois est – pour reprendre une expression du jargon – un mort de faim. Couplé à un talent hors du commun, ce trait de caractère tant apprécié des entraîneurs, coéquipiers et fans est celui qui peut permettre à un club de soulever le Moléson et le Vanil Noir. Plus pragmatiquement: de remporter un quart de finale des play-off contre Lausanne et rêver d'un premier sacre national.

«Killian est une véritable bougie d'allumage», image Alain Birbaum, coéquipier à Gottéron jusqu'en 2014. L'actuel défenseur d'Ajoie enchaîne:

«Avec son jeu, il arrive à faire naître des émotions et emmener toute l'équipe. Il est infatigable et omniprésent sur la glace. Il provoque les adversaires, verbalement notamment, et met des coups de canne. Il me fait penser à Di Domenico (réd: top scorer des Dragons), mais en plus rusé, parce qu'il n'insulte pas les arbitres ou ne pète jamais un câble»
Alain Birbaum, ancien coéquipier à Fribourg-Gottéron

Alain Birbaum a encore pu s'en rendre compte le 27 janvier dernier, quand il s'est retrouvé face à son ancien collègue lors d'un match de National League. Pour son plus grand désespoir. «Killian est un joueur qu’on déteste affronter, mais qu’on adore avoir dans son équipe», complimente-t-il. «Il est emmerdant à jouer», appuie Tristan Vauclair.

Le Jurassien, désormais retraité, ne s'est jamais retrouvé dans le camp d'en face, mais il a eu tout loisir de s'en rendre compte en sept saisons passées avec le même maillot. «Certains attaquants prolifiques, comme Killian, ont des baisses d'intensité quand ils ne scorent pas, à cause d'un manque de motivation. Mais lui, jamais: il va gratter la rondelle dans les coins et travaille fort pour l'équipe, même quand elle n'a pas le puck. Il ose faire la sale besogne.»

Un «renard» parfois râleur

Tristan Vauclair avoue qu'il appréhendait les petits matchs un contre un à l'entraînement face à Killian Mottet. Tout simplement parce que le numéro 71 des Dragons, en plus de son fighting spirit, a un talent hors norme, même au niveau de la National League. «Je l'ai vu dès son premier coup de patin, quand il nous avait rejoint pour les play-off de la saison 2012-2013, de retour de prêt à Ajoie», rembobine l'ancien hockeyeur.

«Il a un patinage exceptionnel, en étant capable de changer de direction très rapidement. Lors du premier match face à Lausanne, sur son but, il a mis hors position quatre défenseurs en zone neutre. Et contre les bandes, il arrive à enchaîner les petits virages»
Tristan Vauclair, ancien coéquipier à Gottéron

Killian Mottet se défait de ses adversaires d'autant plus facilement qu'il bénéficie d'une excellente technique crosse en mains. Son tir puissant et précis est aussi l'un de ses atouts. «On rigole chaque fois quand on analyse Gottéron à la vidéo, parce qu'on remarque que Killian tire tout le temps, dans n'importe quelle position, quand il évolue en supériorité numérique», se marre Alain Birbaum.

Les Ajoulots ont l'œil: Mottet est le sixième joueur à avoir le plus tenter sa chance en National League cette saison, avec une moyenne de 3,51 tirs par match.

Mais surtout, à en croire son ancien entraîneur à Fribourg Larry Huras, le Marlinois a un sens du but extrêmement aiguisé. «Il est né pour marquer, c’est un vrai renard», sourit le Canadien.

«Il sait exactement où se placer, il sent très bien le jeu et a, du coup, une grande faculté d'anticipation»
Larry Huras, ex-coach de Gottéron

S'il fait l'éloge de son ancien protégé, le technicien – qui a officié sur les bords de la Sarine pendant l'exercice 2016-2017 – explique que «Kiki» a dû parfaire certains aspects de son jeu. Et notamment son travail défensif, trop optionnel à l'époque. «Il était parfois nonchalant. Il savait qu’il avait du talent et se contentait de marquer un but de temps en temps», se rappelle Larry Huras. «Défendre n'était pas sa priorité», rigole Caryl Neuenschwander, attaquant des Dragons de 2015 à 2018. Le Neuchâtelois poursuit, avec le sourire:

«Je me souviens qu'il râlait parfois contre le préparateur physique en été»
Caryl Neuenschwander, ancien coéquipier

Killian Mottet appartenait à cette longue liste d'athlètes extraordinairement doués, pour qui facilité rime avec oisiveté. Mais il s'en est extraite, grâce à son intelligence et aux conseils qu'il a reçus. «Il a toujours eu les oreilles grandes ouvertes et a compris l'importance de défendre. Ça lui a ouvert les portes de l'équipe nationale», se réjouit Larry Huras. Qui a aussi remarqué une évolution physique: «Killian a développé sa musculature, je le trouve plus solide aujourd'hui. On avait également travaillé là-dessus à l'époque.»

Non, Killian Mottet ne boit pas que de l'Isostar en été.
Non, Killian Mottet ne boit pas que de l'Isostar en été. image: instagram

Véritable ambassadeur

Oui, Killian Mottet a mûri au fil des ans. Un homme a été aux premières loges pour le constater: Marc Abplanalp, 20 ans de loyauté envers la défense de Gottéron. «D'année en année, il a pris de plus en plus de responsabilités et a connu une progression constante de son jeu», observe celui qui a mis fin à sa carrière pro l'an dernier.

Bio express de Killian Mottet
- Né le 15 janvier 1991, à Fribourg.
- Mesure 179 cm pour 80 kg
- Formé à Fribourg-Gottéron
- Fait ses débuts en LNA lors de la saison 2009-2010
- Prêté à Sierre (2010-2011), Lausanne (2011-2012) puis Ajoie (2012-2013)
- 508 matchs de première division, pour 296 points
- International suisse à 25 reprises, dont 1 Mondial (2021) et 1 fois les JO (2022)
- Trait distinctif: adore le «two-touch challenge» (le petit jeu de jonglage foot en équipe avant les matchs), selon Marc Abplanalp. «On entendait que lui pendant ce jeu, alors on savait tout de suite où avait lieu ce petit échauffement!»

Ces progrès ont mené le Fribourgeois à réaliser sa meilleure saison en National League l'année dernière, avec un joli total de 48 points en 50 parties de saison régulière et deux buts en play-off. Il est dans les mêmes standards pour cet exercice 2021-2022.

Ils lui ont aussi permis d'être pratiquement mis, désormais, sur le même piédestal que les idoles locales, Julien Sprunger et Andreï Bykov, sur qui ont longtemps reposé tous les espoirs du peuple fribourgeois, avide d'un premier titre.

Killian Mottet a un caractère extraverti, y compris quand il célèbre ses buts.
Killian Mottet a un caractère extraverti, y compris quand il célèbre ses buts. Image: keystone

C'est certain, il n'aurait pas autant de reconnaissance de ses pairs et du public sans une personnalité appréciable et appréciée. «Il représente parfaitement ce à quoi les Fribourgeois veulent s'identifier», résume Alain Birbaum.

Premièrement, il vient du coin. Ensuite, il est sympa. Tous nos interlocuteurs rendent hommage à «une belle personne, drôle, extravertie, tout le temps de bonne humeur et humble». En interview, les journalistes font face à quelqu'un de respectueux, à l'écoute, et dont la vivacité de la voix quand elle parle de hockey trahit sa passion pour ce sport.

Ping-pong, baston et JO

Mais le numéro 71 des Dragons est loin d'être mielleux. Assurément, il a du tempérament. «Avec Benjamin Conz, ils s'envoyaient des piques au ping-pong et Killian pouvait finir par s'énerver», rembobine Caryl Neuenschwander, en se marrant.

Alain Birbaum a aussi son anecdote (et le sourire au moment de la raconter): «Lors d'un match contre Ajoie en janvier, il a voulu se mêler à une bagarre à quelques secondes de la fin, alors que Fribourg menait largement 4-1», se souvient le défenseur ajoulot. Il poursuit:

«Je lui ai dit: "Kiki, tu vas pas aller là-dedans et risquer de te casser quelque chose quelques jours seulement avant de partir aux JO!" Il m'a envoyé promener et on a commencé à s'insulter»
Alain Birbaum

Samedi soir, les Fribourgeois auront à coup sûr besoin de cette grinta insufflée par Killian Mottet pour boucler leur série. S'ils se qualifient pour les demi-finales, l'enfant prodige de la Sarine et ses coéquipiers se blottiront encore plus dans les cœurs des supporters de Gottéron. Le LHC, lui, a encore un espoir de les briser.

25 sosies repérés dans le public des matchs de hockey

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25 sosies repérés dans le public des matchs de hockey
source: reddit
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