Une faille dans le jeu de Gottéron fait craindre le pire
Dans un quart de finale aussi haletant que surprenant, Fribourg-Gottéron reçoit Rapperswil-Jona mercredi à 20h pour une place en demi-finale.
Comme souvent lors d’un septième acte, les vérités éternelles du hockey, à savoir les performances du gardien et des joueurs étrangers, détermineront l’issue de la série. Tout comme les situations spéciales, dans une ultime rencontre possiblement fermée, mais aussi âpre et tendue, avec le risque que certains joueurs dégoupillent.
Problème: Gottéron est inefficace en power-play depuis le début des play-offs. Le HCFG est la seule équipe parmi les huit engagées à ne pas avoir encore trouvé le chemin des filets dans cette configuration, malgré le temps le plus élevé passé en supériorité numérique (48 minutes et 11 secondes).
Ce qui frappe, c’est évidemment le contraste avec la saison régulière. Certes, Roger Rönnberg s’est souvent montré insatisfait du jeu de puissance des Dragons, mais les Fribourgeois ont décroché de précieux points lors des qualifications grâce aux situations à cinq contre quatre, comme en octobre dernier contre Genève-Servette.
Au final, Gottéron a été l’équipe qui a inscrit le plus de buts en power-play (41), une performance qui, ramenée au nombre de séquences jouées, a placé les Dragons au troisième rang des formations les plus efficaces en supériorité numérique (23,7%).
Dès lors, comment expliquer cette faillite en play-offs, surtout contre une équipe des Lakers qui affichait jusqu’à présent l’un des pires bilans en infériorité numérique? Une partie de la réponse se trouve peut-être du côté des nombreuses blessures des attaquants fribourgeois, notamment celles de Marcus Sörensen, co-meilleur scorer du HCFG en supériorité numérique, et de Sandro Schmid, pion capable de semer le danger devant le but.
Le zéro pointé après bientôt 60 minutes passées en power-play peut aussi commencer à jouer dans les têtes et provoquer un certain blocage, à l’image de ce qu’avaient vécu les Lausannois en 2022 lors du quart de finale contre Gottéron. «Inconsciemment, Lausanne est entré dans une logique de quasi-blocage. On le voit assez nettement: les passes sont plus lentes, les choix moins spontanés et justes, certains tirs finissent à deux mètres de la cage», expliquait à l'époque Romain Ducret, coach mental de plusieurs hockeyeurs, à watson.
Cette fébrilité se ressent quatre ans plus tard à Fribourg, qui a déjà encaissé, comme Rapperswil, deux buts en supériorité numérique dans ces play-offs, le dernier lundi soir sur la glace saint-galloise. Sandro Zangger a en effet permis aux siens de revenir à 2-1 alors que Jacob Larsson purgeait une pénalité, une réussite qui a enflammé la patinoire et totalement relancé la rencontre.
Les Dragons ont néanmoins des raisons de rester confiants. Cette inefficacité en power-play ne les a pas empêchés de remporter trois matchs et est largement compensée par leur solidité défensive en infériorité numérique, qui elle n’a pas faibli depuis le début des play-offs.
De septembre à mars, Gottéron n’a encaissé que 18 buts en box-play, affichant la meilleure efficacité de la ligue (88%). Et depuis le début des quarts de finale, les hommes de Roger Rönnberg n’ont cédé qu’une seule fois pendant qu’un élément était au cachot. Lundi, ils ont même conservé leur avantage de deux buts, malgré une fin de match plombée par le mauvais geste de Patrik Nemeth (5"+2"+ match) et les deux minutes contre Samuel Walser.
Dans ce contexte, où ni les Fribourgeois ni les Saint-Gallois ne parviennent à tirer parti de leurs situations avantageuses, la formation qui marquera enfin grâce à son jeu de puissance, ou plutôt, qui saura gérer ces séquences sans encaisser, fera sans doute un grand pas vers les demi-finales.
