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Tokyo 2020

Simone Biles souffre du mal des acrobates. Explications

La star américaine de gymnastique a perdu tous ses repères dans l'espace. Ce mal, appelé «perte de figure», frappe les danseurs et les sportifs. Il est dangereux.
30.07.2021, 10:4201.08.2021, 14:59
team watson/ats

Simone Biles a avoué vendredi être en difficulté «littéralement sur chaque agrès», renforçant les doutes sur sa participation aux finales par appareil des Jeux de Tokyo (dès dimanche).

La gymnaste américaine s'était retirée en pleine finale du concours général par équipes mardi, expliquant devoir «préserver sa santé mentale», et avait renoncé le lendemain à la défense de son titre olympique du concours général individuel.

Les médias américains avaient évoqué une crise de panique aux origines multiples: pression face à la possibilité de marquer l'histoire, traumatisme lié à d'anciens abus sexuels, surexposition à des JO dont elle est la grande star avec Naomi Osaka, également atteinte dans sa «santé mentale» (selon ses propres mots).

La conquête de l'espace

En plus de ces tourments psychologiques, l'Américaine a évoqué une perte de repères dans l'espace, un mal que les gymnastes appellent «perte de figure». Ce problème d'origine moteur peut être causé ou renforcé par le stress. Il met le sportif en danger.

«La perte de figure», c'est quoi?

Il s’agit d’une perturbation de la motricité lorsque le sujet ne parvient plus à exécuter un mouvement qu’il avait assimilé et qu'il maîtrisait parfaitement. Le sujet peut être acrobate, danseur, gymnaste, plongeur ou athlète de trampoline. Il perd ses repères dans l'espace, ce que l'on appelle aussi la géométrie du corps en mouvement.
Privé de ses sensations habituelles, le sujet produit un geste moteur différent en gommant la figure qu’il devait réaliser. La situation est particulièrement anxiogène pour des figures exécutées à plusieurs mètres du sol.
Sources: Médecine des Arts, New York Times, Sport Illustrated
Quand le corps et la pensée ne sont plus synchronisés.
Quand le corps et la pensée ne sont plus synchronisés.

Sur une vidéo tournée vendredi aux entraînements, on voit Simone Biles atterrir sur le dos à la fin de ses mouvements (heureusement amortie par des petits coussins).

«Ça ne m'était jamais arrivé avant aux barres et à la poutre, c'était juste au sol et au saut. Mais cette fois-ci, c'est littéralement sur chaque agrès. Et ça craint vraiment. Ça a commencé par hasard juste après les qualifications»
Simone Biles

Peut-elle disputer les JO?

À l'issue de ces qualifications, Biles avait gagné son ticket pour les finales des quatre agrès. Mais aujourd'hui, ses problèmes de repères dans l'espace laissent planer le doute sur sa présence au saut et aux barres asymétriques dimanche, au sol lundi et à la poutre mardi.

«Sérieusement, je ne comprends pas comment faire des vrilles. C'est le sentiment le plus étrange et le plus bizarre. C'est pétrifiant d'essayer de faire un mouvement mais de ne pas avoir l'esprit et le corps en synchronisation»
Simone Biles
Mauvaise réception au sol.
Mauvaise réception au sol.Image: AP

Simone Biles a prévenu: «À ceux qui disent que je renonce, je ne renonce pas, mon esprit et mon corps ne sont simplement pas synchronisés. Je ne pense pas que vous réalisiez à quel point c'est dangereux sur des surfaces dures, ni pourquoi je place la santé en premier. La santé physique, c'est la santé mentale.»

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Ammann peut-il faire comme Federer et ne plus jamais revenir?
Le sauteur à skis a le même âge (41 ans) que l'icône du tennis et le même amour pour son sport mais les mêmes ennuis, aussi, pour retrouver le haut niveau. Il n'a pas sauté de tout l'été et personne ne sait quand il réapparaîtra, ni même s'il reviendra.

On est sans nouvelles de Simon Ammann. Il n'a pas sauté lors de la saison d'été du saut à skis et n'est pas davantage présent ce week-end pour la finale du Grand-Prix à Klingenthal. «Les chances de le voir disputer une 26e saison de Coupe du monde dès novembre deviennent toujours plus minces», prévient l'agence ATS, soulignant que ni le chef de la discipline (Berni Schödler), ni l'entraîneur du champion saint-gallois (Martin Künzle) ne savent ce qu'Ammann a planifié pour l'hiver. «S'il veut sauter, il devrait bientôt le communiquer. La balle est dans son camp», dit simplement le coach.

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