Cette décision met l'escrime suisse dans l'embarras
De ce vendredi à ce dimanche, la Mobilière Arena de Gümligen (BE) accueille la traditionnelle étape suisse de la Coupe du monde d’escrime. Avec 371 épéistes issus de 70 nations, cette 61e édition atteint un nouveau record de participation depuis son lancement en 1965.
Sur le plan sportif, le quatuor suisse vise ni plus ni moins que la victoire à domicile, ce qui constituerait une performance inédite pour eux. Les Helvètes en ont les moyens, puisqu'ils sont montés à deux reprises sur la plus haute marche du podium cette saison lors des quatre épreuves par équipes disputées jusqu'ici. Un bilan exceptionnel.
Ce résultat est d’autant plus remarquable que les quatre escrimeurs suisses ne figurent pas parmi l’élite au classement individuel. Daniel Jerent, le nouveau sélectionneur helvétique, a accompli un travail remarquable dans l'esprit d’équipe et la tactique. L’ancien escrimeur Max Heinzer, président de Swiss Fencing depuis deux ans, explique:
Deux fois plus d'escrime en 2026
La Fédération internationale d'escrime (FIE) dévoilera officiellement fin mai le calendrier des compétitions jusqu’aux Jeux olympiques de Los Angeles en 2028. Grande nation de l’escrime, la France perdra avec Paris son étape de Coupe du monde pour avoir refusé de se soumettre au calendrier imposé par la FIE. Il y sera en outre annoncé que la Suisse conservera sa place parmi les cinq seules étapes de la Coupe du monde masculine, auxquelles s’ajoutent trois Grands Prix.
Ce succès prestigieux pour la Suisse possède toutefois un goût amer. Comme l'épreuve bernoise, dotée d’un budget de 184 000 francs, se déroulera désormais en novembre et plus en mai, deux éditions devront donc être organisées sur l'année civile 2026.
Une tâche herculéenne pour Max Heinzer, puisque la plupart des sponsors entretiennent surtout des liens amicaux avec les organisateurs ou le monde de l’escrime, tandis que les subventions sont distribuées pour une année civile. D’autant plus que Swiss Olympic a rétrogradé Swiss Fencing en raison de l’absence de résultats olympiques à Paris ainsi que de précédentes lacunes organisationnelles. Depuis 2025, Swiss Fencing reçoit ainsi 400 000 francs de moins par an.
Une exception espérée
Le Lucernois de 38 ans espère obtenir un soutien rapide et pragmatique de Swiss Olympic et de l’Office fédéral du sport (Ofspo) afin de préserver cette compétition. La faîtière propose, dans un premier temps et face à l’absence de dispositif prévu pour un tel cas, un échange avec Swiss Fencing.
L’Ofspo peut de nouveau soutenir financièrement des manifestations sportives récurrentes en Suisse depuis 2025, y compris dans des disciplines marginales. L’an dernier, le Badminton Open de Bâle, le tournoi de beach-volley de Gstaad et la compétition internationale de tennis de table de Montreux se sont ainsi vu promettre chacun jusqu’à environ 100 000 francs.
Le Parlement a accordé un total de 5 millions de francs pour 2026. Comme en 2025, il est probable que le montant maximal ne sera pas entièrement utilisé. Problème: le délai pour déposer une demande de subvention a expiré en septembre 2025.
Swiss Fencing espère désormais bénéficier d’une certaine souplesse pour déposer un dossier qui ne pourra être préparé qu’après la confirmation définitive de la FIE, attendue pour la semaine prochaine. Interrogé par CH Media, le groupe auquel appartient watson, l'Ofspo répond prudemment:
Susciter l'intérêt autrement pour l'escrime
Une réponse qui ne laisse pour l’instant guère entrevoir une grande volonté de faire une exception. Il ne resterait donc à Swiss Fencing et à Max Heinzer qu’à tenter de susciter le plus largement possible de sympathie et d’intérêt pour leur discipline.
Afin d'améliorer la visibilité de l'escrime, les clubs suisses ouvriront leurs portes durant la première semaine de juin dans le cadre de la première édition de la «Swiss Fencing Week». Ces diverses séances d’initiation permettront peut-être de nouer des contacts.
