Sport
Football

Lucien Favre: «Je suis en manque de football, je suis prêt à revenir»

Image

«Je suis en manque et prêt à revenir mais ce ne sera pas en Suisse»

Lucien Favre bientôt de retour sur les terrains? L'entraîneur vaudois le laisse entendre dans une longue interview accordée à Keystone ATS, où il confirme également qu'il ne retravaillera pas en Suisse et encore moins à la tête de la Nati.
23.01.2022, 08:1723.01.2022, 20:27

Après la fin de son aventure à Dortmund en décembre 2020, Lucien Favre a éprouvé le besoin impérieux de recharger ses batteries. Aujourd'hui, le Vaudois entend reprendre le fil d'une carrière qui reste comme la plus belle jamais accomplie par un entraîneur suisse. A 64 ans, la passion qu'il nourrit envers le football reste entière.

«Je vais très bien», assure le Vaudois depuis son repaire de Saint-Barthélemy. L'homme a besoin de bouger, de faire du sport quotidiennement. Celui qui fut un demi à la technique raffinée adore aussi jongler dans son jardin. La suite est écrite. Le coach aux plus de 300 rencontres de Bundesliga vécues sur la ligne de touche est prêt à reprendre du service dans un grand championnat.

Le beak «Il fallait vraiment que je me régénère»

Vous vous êtes accordé une longue pause depuis décembre 2020. Etait-elle nécessaire après vos deux ans et demi à Dortmund?
LUCIEN FAVRE Je me suis souvent accordé un break après mes expériences en Allemagne. Ce fut le cas après la première au Hertha Berlin et également après mes cinq ans à Mönchengadbach. Avant Dortmund, il y a eu les deux ans à Nice. Il fallait vraiment que je me régénère. Mais cela ne veut pas dire que je suis resté inactif. J'ai voyagé. J'ai découvert d'autres cultures dans le foot. J'ai rassemblé des idées nouvelles. C'est une sorte de formation continue.

Et vous avez pu aussi retrouver votre tissu social.
Bien sûr. J'ai pleinement retrouvé ma famille. Mes amis aussi. J'en avais vraiment besoin. Lorsque vous dirigez une équipe qui joue pratiquement tous les trois jours, il n'est pas évident de soigner vos relations familiales et sociales.

Oui, mais parfois le football vous pousse encore à partir. N'étiez-vous pas dernièrement à Bilbao?
Oui. Je suis resté une semaine à Bilbao pour regarder l'Athletic. J'ai eu des échanges fructueux avec l'entraîneur Marcelino, qui ne peut engager que des joueurs basques. J'ai pu m'imprégner de l'atmosphère de ce club. Comprendre son modèle. L'évolution du football m'intéresse toujours autant.

Image

Dortmund «J'ai regretté cette décision»

Revenons en arrière: avez-vous mis du temps pour digérer la fin de votre aventure à Dortmund?
Que veut dire longtemps? On doit accepter les choix qui ont été arrêtés. A un moment donné, le sort est jeté. Tout à coup, il n'y a plus d'autre alternative. La vie d'un entraîneur est faite de ces situations. Bien sûr, j'ai regretté cette décision. Je me sentais capable de permettre à l'équipe de surmonter cette mauvaise passe.

«Mais rester deux ans et demi à Dortmund n'est pas donné à tous les entraîneurs. Je veux croire que mon bilan à Dortmund a été bon»

N'avez-vous pas le sentiment que le respect qui doit s'attacher à un entraîneur se perd de plus en plus?
Les temps ont changé. Tout est exagéré dans notre métier. Il convient en tant qu'entraîneur de mieux se protéger. Il faut pouvoir s'appuyer sur un staff dans lequel on nourrit une confiance pleine et entière. Si je dois retravailler, je m'attacherai particulièrement à cet aspect. Beaucoup plus que par le passé.

Aujourd'hui, vaut-il mieux être un entraîneur doublé d'un grand communicateur plutôt que d'un grand tacticien?
Seules les victoires comptent. Celui qui gagne a toujours raison. Mais il est évident que la communication, à tous les étages, doit toujours fonctionner. Mais cela vaut dans les deux sens.

Image

La Nati «Je n'ai jamais voulu le poste»

L'été dernier, vous aviez tout de suite signifié que le poste de sélectionneur ne vous intéressait pas lorsque la question de la succession de Vladimir Petkovic s'est posée. Quel regard portez-vous aujourd'hui sur l'équipe de Suisse?
Murat Yakin a fait un travail remarquable. Comme joueur, il sentait déjà admirablement les choses, il savait anticiper les situations. Avec Okafor, Vargas et Imeri, il a su insuffler un nouvel élan à l'équipe. La qualification directe pour le Qatar a validé les choix qui ont été opérés. Mais n'oublions pas qu'elle s'est jouée sur un rien. Je pense bien sûr aux deux penalties ratés par l'Italie.

N'avez-vous jamais regretté un seul instant ce choix de ne pas briguer le poste de sélectionneur?
Non. Pour une question de timing aussi. Et surtout parce que je suis un entraîneur qui éprouve le besoin d'aller chaque jour sur le terrain.

«Je ne pourrais pas faire un job qui veut que tu joues un match en novembre et le suivant en mars»

Que vous inspire la proposition émise par la FIFA d'organiser la Coupe du monde tous les deux ans?
Je ne suis pas un fan de cette idée. Amener un tel sujet sur la table n'était pas nécessaire. En 2026, on va organiser une Coupe du monde aux Etats-Unis, au Canada et au Mexique avec... 48 équipes. Pratiquement tout le monde y sera. On y perdra déjà une certaine magie.

Les offres «Avec Crystal Palace, c'était sérieux»

On revient à votre avenir. Votre nom a circulé autour de plusieurs clubs. Ainsi, Crystal Palace ne vous avait-il pas proposé l'été dernier une très belle offre?
Oui, c'est vrai. Mais le timing n'était pas le bon.

Quand vous verra-t-on à nouveau sur un banc?
Je ne sais pas. Mais tout peut aller très vite. Je veux entraîner à nouveau.

«Je me sens encore très frais dans ma tête. Par ailleurs, je suis en bonne santé. J'ai rechargé mes batteries. Je veux encore travailler pendant quelques années»

Aviez-vous ce même état d'esprit au lendemain de votre départ de Dortmund?
Il est évident que l'on se pose des questions. Tout cela a-t-il encore un sens? A-t-on toujours l'énergie voulue? Mais très vite, j'ai compris que j'en voulais encore. J'ai besoin du terrain, de mordre dans le ballon, de respirer le foot, de ressentir l'adrénaline.

On dirait que vous êtes en manque?
Oui, en quelque sorte. Je suis prêt à revenir dans le jeu. Mais je ne le ferai que si je suis convaincu à 100 % par le projet. Si je peux aussi avoir à mes côtés, des personnes que j'aurai choisies. Pour une question de confiance.

Un retour en Suisse est-il envisageable?
Comme entraîneur en Super League ? Non.

Plus d'articles sur le sport
Un mythe de l'Histoire suisse a été président du Stade Lausanne Ouchy
Un mythe de l'Histoire suisse a été président du Stade Lausanne Ouchy
de Yoann Graber
Ces fans du Stade Lausanne Ouchy vivront une finale très particulière
Ces fans du Stade Lausanne Ouchy vivront une finale très particulière
de Yoann Graber
Un autre talent suisse explose en toute discrétion à Fribourg
Un autre talent suisse explose en toute discrétion à Fribourg
de Romuald Cachod
Le speaker du SLO va vivre une situation cocasse en finale de Coupe
Le speaker du SLO va vivre une situation cocasse en finale de Coupe
de Yoann Graber
La non-sélection d’Alvyn Sanches expose la Nati à un risque
La non-sélection d’Alvyn Sanches expose la Nati à un risque
de Céline Feller
Pourquoi le prince William est un grand fan d'Aston Villa
Pourquoi le prince William est un grand fan d'Aston Villa
de Yoann Graber
La finale 2025 avait eu un effet inattendu sur le FC Bienne
La finale 2025 avait eu un effet inattendu sur le FC Bienne
de Julien Caloz
Tout le monde s’arrache le joyau romand de la Nati
Tout le monde s’arrache le joyau romand de la Nati
de Claudia Carvalho
Un voisin a changé la vie de cet arbitre suisse
Un voisin a changé la vie de cet arbitre suisse
de Julien Caloz
Pourquoi les gamers se ruent sur le FC Vaduz
Pourquoi les gamers se ruent sur le FC Vaduz
de Romuald Cachod
Ce politicien suisse n'aurait pas dû parier sur les JO
Ce politicien suisse n'aurait pas dû parier sur les JO
de Rainer Sommerhalder
Yakin raconte comment il a raté un Mondial à cause d'un coiffeur
Yakin raconte comment il a raté un Mondial à cause d'un coiffeur
de François Schmid-Bechtel, Sebastian Wendel
La fillette «oubliée» au tournoi de Rome tient sa revanche
La fillette «oubliée» au tournoi de Rome tient sa revanche
Neymar craque à cause d'un malentendu lunaire
Neymar craque à cause d'un malentendu lunaire
La Fifa augmente ses primes, mais l’injustice persiste pour la Nati
La Fifa augmente ses primes, mais l’injustice persiste pour la Nati
de Sebastian Wendel
Grasshopper est au cœur d'un immense scandale sportif
Grasshopper est au cœur d'un immense scandale sportif
de Sebastian Wendel
Mondial 2026: trois stars romandes écartées par Murat Yakin
Mondial 2026: trois stars romandes écartées par Murat Yakin
Cette légende du foot a reçu l'honneur suprême de la part des rivaux
Cette légende du foot a reçu l'honneur suprême de la part des rivaux
de Yoann Graber
La Nati a une faiblesse par rapport au dernier Mondial
La Nati a une faiblesse par rapport au dernier Mondial
de Klaus Zaugg
Pourquoi les attentes autour de la Nati peuvent devenir dangereuses
Pourquoi les attentes autour de la Nati peuvent devenir dangereuses
de Etienne Wuillemin
Une scène surréaliste s'est produite au tournoi de Rome
Une scène surréaliste s'est produite au tournoi de Rome
de Julien Caloz
«Winti», tu vas nous manquer
«Winti», tu vas nous manquer
de Timo Rizzi
Manuel Akanji n'est pas un joueur comme les autres
Manuel Akanji n'est pas un joueur comme les autres
de Julien Caloz
Ces produits dangereux piègent les jeunes sportifs suisses
Ces produits dangereux piègent les jeunes sportifs suisses
de Simon haring
La Nati de hockey doit régler la question des primes
La Nati de hockey doit régler la question des primes
de Klaus Zaugg
Avez-vous quelque chose à nous dire ?
Avez-vous une remarque ou avez-vous découvert une erreur ? Vous pouvez nous transmettre votre message via le formulaire.
0 Commentaires
Comme nous voulons continuer à modérer personnellement les débats de commentaires, nous sommes obligés de fermer la fonction de commentaire 72 heures après la publication d’un article. Merci de votre compréhension!
Le tennisman le plus fantasque a encore frappé à Genève
Alexander Bublik a été l'acteur d'une scène aussi drôle que rafraîchissante, jeudi soir au Geneva Open.
Il se passe toujours quelque chose d'insolite dans les matchs d'Alexander Bublik, certainement le tennisman le plus fantasque du circuit. Le Kazakh de 28 ans tente des coups improbables, a des interactions lunaires avec les arbitres ou des spectateurs, ou passe de la colère au fou rire en un claquement doigt.
L’article