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Max Verstappen (à g.) et Sébastien Buemi travaillent pour la même écurie mais ont des fonctions différentes.
Max Verstappen (à g.) et Sébastien Buemi travaillent pour la même écurie mais ont des fonctions différentes.
Image: Pool AP

«Les trois quarts du temps, Max Verstappen est sous contrôle»

Après une carrière en F1, Sébastien Buemi est devenu pilote d'essai pour Red Bull Racing, l'écurie du fantasque Max Verstappen. Le Vaudois nous raconte ce qui fait la particularité de son coéquipier avant le Grand Prix de Russie dimanche. Une interview réalisée via le partenaire Red Bull.
24.09.2021, 06:0324.09.2021, 16:59
Julien Caloz
Julien Caloz
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Sébastien Buemi, on vit une saison de F1 fabuleuse, non?
Oui, elle est intéressante. Ça faisait longtemps que la lutte pour le titre mondial n'était pas aussi serrée, et qu'on n'avait pas eu un pilote capable de donner du fil à retordre à Mercedes et Hamilton.

Le classement actuel

Image: L'Equipe

Il reste sept grands prix. Ça sera serré jusqu’au bout?
Personne peut prédire l’issue du championnat. En plus, toutes les équipes se sont rapprochées: dès que les écuries leaders, Red Bull et Mercedes, ont un problème, il y a tout de suite un autre pilote pour gagner, et ce n'est pas forcément un coéquipier de Verstappen ou Hamilton.

Qu'est-ce qui peut départager les deux premiers?
On arrive dans la dernière partie du championnat, là où la fiabilité de la monoplace commence à être importante. Je rappelle que chaque pilote a droit à trois moteurs par saison, ce qui est très peu. Comme Verstappen en a perdu un dans le crash avec Hamilton sur le circuit de Silverstone, il devra mettre un quatrième moteur et écopera de dix places de pénalité sur une des prochaines grilles de départ (ndlr: peut-être ce dimanche d'ailleurs). C’est un handicap qu'Hamilton n'aura pas, sauf bien sûr s'il subit une casse moteur inattendue.

Le calendrier de fin de saison

Image: L'Equipe

Verstappen n'a que 23 ans, mais il paraît qu’il a un sang-froid incroyable.
C’est sûr qu’il ne se pose pas trop de questions, on l’a quand même bien vu! Et puis, ça fait quand même plusieurs saisons qu’il est déjà là. Il a une grande expérience, il a fait beaucoup de pole-positions, a remporté beaucoup de courses. Honnêtement, il est bien. Je ne vois pas de problème à ce qu’il puisse gagner. Mais il faudra que la voiture évolue bien en fin de saison.

Pourquoi cette précision?
Parce que le règlement sera totalement différent la saison prochaine. Du coup, pas mal d’équipes risquent de ne plus développer leur monoplace pour se concentrer sur 2022. Chaque écurie pèsera le pour et le contre.

Il paraît que vous êtes fan du pilotage de Verstappen.
C’est vrai!

Quelles sont ses particularités?
Max a besoin de très peu de temps pour se mettre au niveau. Il prend beaucoup de risques sur le circuit, mais il ne sort pas tant que ça. Il a un «car control» (une «prise en mains» de la voiture) assez impressionnant parce qu’il roule une monoplace qui n'est pas tout le temps super facile à conduire, en tout cas pour ses coéquipiers: il en a eu trois ces dernières années et il a toujours maîtrisé la voiture mieux que n’importe qui.

Max Verstappen maîtrisait déjà la complexité du circuit de Suzuka en 2016.
Max Verstappen maîtrisait déjà la complexité du circuit de Suzuka en 2016.
Image: Keystone

C’est facile de travailler avec lui?
On ne se voit pas très souvent, car quand je suis au simulateur (ndlr: le Vaudois enchaîne les tours de circuit sur la machine afin de récolter des données précieuses servant ensuite à régler les monoplaces des pilotes en compétition), il est déjà sur la piste. Mais ses résultats sont le fruit d'un travail d'équipe. Moi, je ne suis qu'une petite pièce de cette grande structure.

Certains trouvent que Verstappen est un fou dangereux. Et vous?
Il prend des risques, parfois beaucoup, mais c’est sa façon de conduire. Et puis, les trois quarts du temps, il est sous contrôle. Il a eu deux accidents avec Hamilton cette saison: une fois ce n’était pas sa faute et l'autre fois, c'était fifty-fifty. Mais bon, Hamilton est son adversaire direct pour le titre mondial, il ne va pas faire exprès de le laisser passer!

Aucun des deux n’a d’ailleurs voulu céder à Monza…
Oui, on voyait sur les images que les deux ne pourraient pas passer.

Les images en question

Dans quels domaines votre coéquipier peut-il encore progresser dans le futur?
S’il a le matériel, Max sera très difficile à battre, parce qu’il aura les atouts de la jeunesse et de l'expérience. Que peut-il faire de mieux? Certains week-ends, il fait un job incroyable, il n'y a rien à dire. Au fil des saisons, je pense qu'il maîtrisera encore mieux la gestion du championnat, qu'il saura quand prendre des risques, quand se montrer prudent.

Le ski masculin cherche un successeur à Marcel Hirscher, l’athlétisme à Usain Bolt. En F1, on a l’impression qu’il y a toujours un pilote qui sort du lot. C'est une chance pour la discipline, non?
Oui c’est vrai, et ce qui est incroyable avec Verstappen, c’est qu’il génère une passion folle en Hollande. Les gens investissent des tribunes entières vêtus d’orange. Même Hamilton ne suscite pas la même ferveur en Angleterre. On n'avait encore jamais vu ça en F1.

Les fans hollandais en délire 🧡

Une foule dense et colorée a encouragé Verstappen au départ du GP des Pays-Bas le 5 septembre dernier.
Une foule dense et colorée a encouragé Verstappen au départ du GP des Pays-Bas le 5 septembre dernier.
Image: EPA ANP

Et, dans un autre registre, qui est Mams, le meilleur street dancer de Suisse?

Jacques Deschenaux: «On ne peut pas blâmer le directeur de course»

Le Grand Prix de Belgique de F1 n'a duré que trois tours, derrière la voiture de sécurité. Max Verstappen a été désigné vainqueur. La presse et certains pilotes dénoncent une mascarade. Pas l'ancien chef des sports de la RTS.

«Simulacre de Grand Prix», «pathétique podium», «farce» ou encore «parodie de course». Les mots de la presse sont durs pour qualifier le Grand Prix de F1 de Belgique.

Mais il faut dire que ce qu'il s'est passé dimanche sur le circuit de Spa-Francorchamps restera dans les annales, et pas positivement. Ce GP est tout simplement le plus court de l'Histoire. Il a duré trois tours. Oui, vous avez bien lu. Trois tours! Qui plus est derrière la safety-car, donc sans possibilité de dépassement.

La faute …

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