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Carlos Alcaraz: «J'aurais aimé jouer contre Roger Federer»

epa10179011 Carlos Alcaraz of Spain reacts as he plays Casper Ruud of Norway during the men's final match at the US Open Tennis Championships at the USTA National Tennis Center in Flushing Meadow ...
Après son sacre à l'US Open en septembre, Carlos Alcaraz est devenu numéro 1 mondial, à 19 ans.Image: keystone

Carlos Alcaraz: «J'aurais aimé jouer une fois contre Roger Federer»

En l'absence du Maître, parti à la retraite, le jeune Espagnol est l'attraction des Swiss Indoors de Bâle cette semaine. Le numéro 1 mondial parle de l'image qu'il a de ce tournoi, de son nouveau statut et de sa relation avec son coach. Interview.
24.10.2022, 18:5624.10.2022, 18:56
Jakob Weber & Simon Häring / ch media

Après le départ à la retraite du recordman de titres Roger Federer (10), Carlos Alcaraz est l'attraction des Swiss Indoors de Bâle. L'Espagnol de 19 ans, vainqueur du dernier US Open et plus jeune numéro 1 mondial de l'Histoire, est le présent et l'avenir du tennis.

C'est la première fois qu'il joue en Suisse. Même en tant que junior, il n'est jamais venu ici. «C'est pourquoi je suis très excité, je me réjouis beaucoup», s'enthousiasme en préambule l'Ibère. Interview dans les coulisses de la Halle Saint-Jacques.

Pourquoi avez-vous choisi Bâle et non Vienne comme l'année dernière?
CARLOZ ALCARAZ: Je voulais essayer quelque chose de nouveau. En toute honnêteté? J'ai souvent vu ce tournoi à la télévision. Il m'a semblé être un endroit merveilleux où je voulais jouer. C'est pourquoi je suis ici.

Et vous avez aussi vu jouer ici Roger Federer, le recordman de titres. Ça a aussi pesé dans votre choix?
Roger était l'un de mes modèles et une grande source d'inspiration. J'aurais aimé jouer contre lui. Et comme tout le monde, j'espérais encore voir Roger jouer ici, peut-être même l'affronter. Mais le fait que je sois ici maintenant n'a rien à voir avec lui. (rires) Je voulais venir en Suisse avec mon équipe et jouer ce tournoi.

Carlos Alcaraz s'est entraîné avec Roger Federer, mais ne l'a jamais affronté en match officiel.
Carlos Alcaraz s'est entraîné avec Roger Federer, mais ne l'a jamais affronté en match officiel. image: twitter

Après la retraite de Federer, vous êtes désormais la plus grande attraction du tournoi. Comment gérez-vous cette attente?
Pour moi, rien n'a changé depuis ma victoire à l'US Open.

«En tant que numéro 1, j'ai une grande cible sur le dos. Je suis celui que tout le monde veut battre. A chaque tournoi»

Mais pour moi, l'objectif reste le même: je veux bien jouer et donner le meilleur de moi-même.

Considérez-vous comme un fardeau le fait que l'on attende toujours de vous que vous gagniez?
Contre moi, tout le monde a une dose de motivation supplémentaire. Ça rend les choses difficiles pour moi, mais je le vois aussi comme un compliment. Je ne le considère pas comme un fardeau. Et oui: mon objectif est bien sûr de gagner ce tournoi. Comme partout où je participe.

Carlos Alcaraz a remporté l'US Open en septembre, son premier sacre en Grand Chelem.
Carlos Alcaraz a remporté l'US Open en septembre, son premier sacre en Grand Chelem. image: Justin Lane / EPA

Et ensuite, vous offrirez des pizzas aux ramasseurs de balles, comme Roger Federer le faisait à chaque fois qu'il gagnait?
(rires) Je ne connais pas les traditions ici. D'abord, je vais essayer de gagner le tournoi. Ensuite, je verrai.

Vous avez remporté l'US Open en septembre, devenant ainsi le plus jeune numéro 1 mondial de l'Histoire du tennis masculin. Pouvez-vous expliquez comment votre vie a changé depuis?
Comme j'ai joué la Coupe Davis juste après l'US Open, je n'ai pas eu l'occasion de bien réaliser ce qui s'était passé.

«Je suis toujours le même type, le même Carlos. Rien n'a changé. Je continue à m'entraîner, à vouloir m'améliorer»

La seule chose qui a peut-être changé, c'est mon objectif: je veux rester numéro 1 mondial.

Depuis votre sacre à l'US Open, la hype autour de vous est énorme. Vous n'avez que 19 ans, mais vous êtes déjà au sommet. Comment gérez-vous ça?
J'essaie de ne pas me laisser trop accaparer par ça et de ne pas trop y penser. Je me considère comme une personne qui a vraiment les pieds sur terre, c'est important pour moi. J'aime tout simplement jouer au tennis. Je veux profiter du tennis et gagner des tournois.

Et le battage médiatique autour de vous? Comment le vivez-vous ?
La situation a changé, mais pas ma vie. J'ai toujours la même famille, les mêmes amis, la même équipe. C'est pourquoi je suis toujours la même personne et le même joueur, qui cherche constamment à s'améliorer et qui s'entraîne dur.

Depuis qu'il est un vainqueur de Grand Chelem et numéro 1 mondial, Alcaraz a de nombreuses sollicitations médiatiques.
Depuis qu'il est un vainqueur de Grand Chelem et numéro 1 mondial, Alcaraz a de nombreuses sollicitations médiatiques. image: Ana Escobar / EPA

Vous misez sur une grande équipe, vos parents sont également souvent présents lors des tournois. Qui vous accompagne cette semaine à Bâle?
Mon entraîneur, Juan Carlos Ferrero, et Juanjo Moreno, mon physiothérapeute. J'ai aussi la chance d'avoir mon père Carlos et mon oncle avec moi. La famille est un grand soutien pour moi et c'est important de les avoir autour de moi. J'ai une confiance aveugle en chacun d'eux, parce que je les ai autour de moi depuis que j'ai commencé à jouer au tennis à Murcie, quand j'étais enfant.

Vous avez une relation particulièrement étroite avec votre entraîneur, Juan Carlos Ferrero. Quel rôle joue-t-il dans votre vie?
On travaille ensemble depuis quatre ans. Bien sûr, on grandit ensemble.

«Il est comme un deuxième père pour moi, à qui je peux tout demander. Sur le plan personnel ou sportif. Il est tout pour moi»

J'essaie de passer le plus de temps possible avec lui. Aussi parce qu'il a vécu beaucoup de choses en tant qu'ancien numéro 1 mondial.

Pour Carlos Alcaraz, son coach Juan Carlos Ferrero est bien plus qu'un entraîneur.
Pour Carlos Alcaraz, son coach Juan Carlos Ferrero est bien plus qu'un entraîneur. Ray Acevedo / EPA

Après votre titre à l'US Open, Ferrero a déclaré que vous n'aviez exploité que 65% de votre potentiel. Ce n'est pas une bonne nouvelle pour vos concurrents. Où voyez-vous la plus grande marge de progression?
Partout. Je peux m'améliorer partout. C'est seulement en travaillant chaque jour sur soi-même que l'on finit peut-être par faire partie des plus grands. Je pense que Rafael Nadal ou Novak Djokovic l'ont montré. C'est la même chose pour moi. Je m'entraîne tous les jours pour m'améliorer. Mentalement, physiquement, mais aussi techniquement. Je n'ai que 19 ans et j'ai encore beaucoup de travail à faire.

Caspar Ruud, le numéro 3 mondial et votre adversaire en finale de l'US Open, est également ici à Bâle. Pensez-vous qu'il puisse y avoir avec lui une rivalité similaire à celle qu'ont connue Federer, Nadal et Djokovic?
(Il réfléchit) Caspar est jeune et se bat avec les meilleurs joueurs pour les titres et la place de numéro 1. Je suis sûr que je l'affronterai encore souvent et qu'on jouera pour des titres dans des grands stades. Mais est-ce que ça deviendra une rivalité aussi grande que celle entre Roger, Rafa et Djokovic? Ça sera sûrement difficile à reproduire! (rires)

Carlos Alcaraz avait battu Casper Ruud en finale de l'US Open.
Carlos Alcaraz avait battu Casper Ruud en finale de l'US Open. image: keystone

Votre victoire à l'US Open et la retraite de Roger Federer marquent un changement de génération. Qui voyez-vous dominer le tennis?
Il y a beaucoup de bons jeunes joueurs. C'est difficile de dire qui seront les tennismen dominants des prochaines années. J'ai bien sûr en tête Jannik Sinner et Alexander Zverev, contre lesquels j'ai déjà joué des matchs incroyables. Mais aussi Daniil Medvedev, Stefanos Tsitsipas et Casper Ruud, même s'ils ne sont plus tout jeunes. Il y a vraiment beaucoup de joueurs avec un grand potentiel.

Chez vous, presque tout semble tourner autour du tennis. Que faites-vous quand vous avez un peu de temps libre?
J'adore jouer au golf contre Juan Carlos. (rires) Parfois aussi pendant un jour de congé lors des tournois. J'apprécie aussi de me détendre avec des amis ou la famille, d'aller au restaurant ou de me promener un peu en ville. Je ferai ça à Bâle. Il y a tous les jours quelque chose à faire! (rires)

Vous parlez bien l'anglais. Surprendrez-vous peut-être même le public de Bâle avec quelques phrases en allemand?
J'essaie aussi de m'améliorer constamment en anglais. Avec mes nombreux voyages, j'en ai souvent besoin. Du coup, je prends des cours de temps en temps en Espagne.

«J'aime beaucoup les langues et j'espère qu'un jour, j'en maîtriserai d'autres que l'espagnol et l'anglais. Et peut-être que dès cette semaine, j'essaierai de dire quelques mots en allemand au public sur le court central»

Avec un statut comme le vôtre, on intéresse forcément les sponsors. Récemment, vous avez fait la couverture du magazine de mode Vanity Fair. Est-ce que c'est quelque chose que vous appréciez aussi?
Ça fait partie de mon travail. Et oui, bien sûr que j'ai aimé ça! (rires)

Adaptation en français: Yoann Graber

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