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Les Bleus sont-ils au bout du rouleau?

Apparus fatigués lors de leurs deux derniers matchs face à la Hongrie et au Portugal, les Français doivent aussi faire face à une cascade de blessures. A la Suisse d'en profiter lundi à Bucarest.
27.06.2021, 17:5828.06.2021, 12:29
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L'équipe de Suisse le sait: elle devra sortir le tout grand jeu pour battre la France lundi soir à Bucarest (21h00) en huitième de finale de l'Euro. Face à des individualités plus talentueuses, le salut de la Nati passera par l'intensité physique qu'elle mettra.

D'autant que les Tricolores semblent émoussés en cette fin juin. «Je suis surpris de leur manque de fraîcheur par rapport aux autres équipes», s'étonne Fabien Bossuet, préparateur physique français de l'équipe nationale de Géorgie. Son confrère de la sélection du Kosovo, le Vaudois Thomas Richard, est du même avis:

«Les Français ont souffert physiquement sur leurs deux derniers matchs. Ils n'étaient pas du tout dynamiques. Mais je m’étais dit la même chose en 2018 après leur première partie face à l’Australie. Malgré ça, ils avaient été champions du monde...»
Thomas Richard, préparateur physique du Kosovo

Un manque de pep qui peut expliquer les résultats en demi-teinte des Bleus contre la Hongrie (1-1) et le Portugal (2-2). Les deux fois dans la fournaise de la Puskas Arena à Budapest, au propre comme au figuré. Mais surtout au propre: si Kylian Mbappé et ses coéquipiers ont bel et bien évolué dans un chaudron - l'enceinte hongroise est la seule du tournoi à pleine capacité –, c'est surtout la température très élevée sur les bords du Danube (près de 35°C) qui a fait mal aux organismes. «On fait face à des conditions pas évidentes avec cette chaleur étouffante», déplorait le latéral français Jules Koundé jeudi après le match contre le Portugal. «Jouer dans ces conditions provoque beaucoup de fatigue. On dispute en plus des matchs très engagés, avec beaucoup d'intensité».

Jules Koundé (à gauche) est apparu emprunté sur son flanc droit mercredi soir contre le Portugal.
Jules Koundé (à gauche) est apparu emprunté sur son flanc droit mercredi soir contre le Portugal. Image: keystone

Adaptation difficile

Cette météo peu propice au football de haut niveau explique peut-être aussi la cascade de blessures dans les rangs tricolores cette semaine. «Les blessures ont toujours plusieurs raisons», précise Fabien Bossuet. «La chaleur et l’humidité peuvent en être».

D'autant que dans cet Euro qui oblige les équipes à se déplacer aux quatre coins du continent, les hommes de Didier Deschamps n'ont pas eu beaucoup de temps d'adaptation aux conditions locales – un élément crucial pour une préparation optimale.

La série noire a commencé avec le forfait d'Ousmane Dembélé, victime d'un coup sur le genou et d'une déchirure à la cuisse à la fin d'Hongrie-France lundi. Il y a eu ensuite les pépins physiques des deux latéraux gauche Lucas Hernandez et Lucas Digne durant le match face aux Lusitaniens. Le premier est sorti à la mi-temps à cause d'une gêne à un genou. Le second, qui l'a remplacé, n'a passé que sept minutes sur le terrain, la faute à une douleur derrière la cuisse. Les tourments de nos voisins se poursuivaient le lendemain: Marcus Thuram (adducteurs) et Thomas Lemar (cheville gauche suite à un choc avec un coéquipier) abrégeaient coup sur coup leur entraînement.

«Ce n’est jamais complètement du hasard d’avoir cinq blessures coup sur coup durant un tournoi, même si elles sont de natures différentes»
Fabien Bossuet, préparateur physique de la Géorgie

Pour autant, Fabien Bossuet ne remet pas en question la qualité du staff français, qu'il connaît, «très pro et habitué aux grands tournois».

Une coupure néfaste

Outre la chaleur et le manque d'acclimatation, comment expliquer la succession de ces ennuis de santé? Prudent, Thomas Richard ne veut pas tirer de généralités, mais le Morgien a une piste: «Avant l'Euro, beaucoup de joueurs ont disputé leur dernier match officiel plein à fin mai, trois semaines avant le début du tournoi. Soit une éternité dans le foot de haut niveau. Les entraînements peuvent aider à revenir en forme, mais ils ne remplacent jamais la compétition».

Thomas Richard (à droite) épaule Bernard Challandes à la tête de l'équipe du Kosovo

La coupure a fait du mal et l'intensité des séances pour revenir en forme rapidement augmente le risque de casse. «Cette intensité est nécessaire pour avoir un entraînement de qualité», tranche le préparateur physique du Kosovo. «Et souvent, elle est plus forte dans les sessions réservées aux remplaçants: il y a moins de joueurs qui y participent, les contacts sont donc logiquement plus nombreux. En plus, ces entraînements concernent des joueurs frustrés de ne pas beaucoup jouer, qui mettent aussi davantage d'énergie pour prouver à l'entraîneur qu'ils méritent leur place». Marcus Thuram et Thomas Lemar étaient dans ce cas.

Certains experts pointent également du doigt l'enchaînement des matchs, accentué notamment par le retard du début de saison à cause de la pandémie de Covid-19. Jusqu'à aujourd'hui, Lucas Hernandez a ainsi disputé 48 parties officielles avec le Bayern Munich et l'équipe de France depuis septembre. Lucas Digne en est à 46 avec Everton et Ousmane Dembélé 50 avec le FC Barcelone.

Fabien Bossuet dégage un autre facteur possible, la pression psychologique:

«Les Français, qui font partie des favoris, sont attendus au tournant. Il y a aussi une forte pression médiatique sur eux. Tout ça peut mener à avoir les jambes lourdes et être nocif pour le corps. De plus, il y a tout simplement la peur de se blesser, qui peut avoir un impact négatif»
Fabien Bossuet

A l'équipe de Suisse désormais de profiter de ces fragilités physiques de ses adversaires lundi soir. Sans compter que la France pourrait avoir quelques soucis défensivement sur son flanc gauche, puisque Lucas Hernandez est encore incertain et que son remplaçant attitré, Lucas Digne, est d'ores et déjà forfait. Le sélectionneur tricolore Didier Deschamps pourrait être amené à aligner un dispositif tactique inédit, et donc forcément un peu risqué à cause de son inexpérience.

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