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Anthony Baron joueur de la Guadeloupe touchée par le Covid et qui joue au football en Suisse

Anthony Baron (ici avec le maillot de la Guadeloupe) prend régulièrement des nouvelles de sa famille restée sur l'île, où les cas de Covid se multiplient. Image: Ligue Guadeloupéenne de Football

Témoignage watson

Le Covid ravage l'île d'un footballeur d'Yverdon-Sport

Le Guadeloupéen Anthony Baron se dit très préoccupé par la grave crise sanitaire que traverse les Antilles, où réside encore une grande partie de sa famille. Mais il comprend aussi le choix de la plupart des habitants de ne pas se faire vacciner, et le défend même.

Julien Caloz
Julien Caloz



D'ordinaire, quand on appelle un footballeur professionnel, c'est pour parler de ses contrôles orientés, de ses appels en profondeur ou de ses ambitions sur le marché des transferts. Mais pas avec Anthony Baron, pas maintenant. Parce que le joueur d'Yverdon-Sport est Guadeloupéen et que sur son île, beaucoup trop de personnes meurent du Covid depuis plusieurs jours (le taux d'incidence dépasse les 2000 cas pour 100 000 habitants).

Anthony a encore de la famille aux Antilles. Des grands-parents, des oncles et des tantes, et puis beaucoup d'amis. Il est très attaché à eux, et à ce coin du monde dont il défend les couleurs en sélection depuis quatre ans.

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Anthony Baron (2e depuis la gauche) avec ses coéquipiers.

«Quand je porte le maillot de la Guadeloupe, je ressens la même fierté qu'un Suisse qui revêt celui de la Nati»

La situation sanitaire sur son île le touche et le préoccupe. Alors pour se tenir au courant et s'assurer que les gens qu'il aime vont bien, il appelle un peu plus souvent un de ses oncles ces derniers temps.

Les nouvelles sont rassurantes et c'est une chance car en Guadeloupe, seul 31% de la population a reçu au moins une dose de vaccin. Les grands-parents d'Anthony sont âgés mais ils ne sont pas vaccinés. Le jeune homme comprend, il n'a lui-même reçu aucune des deux piqûres.

«Si on se vaccine moins aux Antilles qu'en France métropolitaine, c'est plus par crainte du produit qu'autre chose. On se soustrait aussi aux vaccins par facilité: ces derniers temps, on pouvait quitter l'île sans avoir à fournir le moindre test PCR. Enfin, il y a peut-être une défiance vis-à-vis du discours de l'Etat français»

Cette défiance naît de la différence de traitement entre la métropole et les Antilles, selon le joueur yverdonnois.

«Ça fait un moment que les Guadeloupéens se posent des questions sur l'aide de la France. Notre seul hôpital sur l'île a brûlé partiellement en 2017 et le nouveau n'est toujours pas terminé. Ce n'est pas normal qu'un département français n'ait pas un CHU digne de ce nom. C'est même aberrant. Sans compter que les médecins n'ont pas beaucoup de matériel sur place. Alors avec le flambée de cas de Covid, la situation est devenue dramatique»

L'aversion pour le discours de l'Etat français, qui encourage ses citoyens à se faire vacciner, se mêle et se confond parfois avec les convictions de certains insulaires, dont le joueur de 28 ans se fait indirectement le porte-parole.

«Il y a plein de maladies qui frappent les gens chaque jour et qui font bien plus de morts. Pourtant, on n'en parle pas autant que le Covid»

Anthony Baron

Plus que du taux de vaccination, le footballeur de Challenge League (deuxième division suisse) préfère parler des gestes de solidarité entre les habitants de la petite île de 400 000 habitants.

«On s'entraide toute l'année. Quand on passe devant la maison de notre voisin en voiture, on donne toujours un petit coup de klaxon pour s'assurer que tout va bien. Si une personne est malade, on le sait très vite, car on prend soin les uns des autres»

Le vaccin est justement présenté par les autorités sanitaires comme le meilleur moyen de veiller à la bonne santé de ses proches. Anthony Baron estime que ce n'est pas le seul: «Notre solidarité, nous l'exprimons d'une autre manière, voilà tout».

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