Le mystère plane autour de Djokovic à Melbourne
La dernière fois que l'on a entendu parler de Novak Djokovic, c'était le 8 novembre dernier, lors de la victoire du 4e mondial en finale du tournoi d'Athènes face à Lorenzo Musetti. Depuis, plus rien. Le tennisman de 38 ans a bien annoncé cet hiver qu'il quittait le syndicat des joueurs qu'il a cofondé en 2020, ça n'avait pas grand-chose à voir avec le jeu, si bien qu'on ne sait pas vraiment dans quel état de forme le vainqueur de 24 titres en Grand Chelem abordera dimanche l'Open d'Australie, un tournoi dont il détient le record de titres (dix).
Cette interrogation donne une saveur particulière au premier Majeur de l'année. «Je suis curieux», reconnait Julien Varlet, joint par watson. «On n'a pas entendu parler de Novak Djokovic depuis deux mois. Je me dis qu'il a dû faire une très grosse préparation», songe cet ancien 120e mondial, devenu coach de tennis au Centre sportif de Cologny et consultant pour Canal plus et Winamax.
Novak Djokovic aurait dû disputer l'ATP 250 d'Adélaïde cette semaine, mais il a déclaré forfait, ne se jugeant «pas encore tout à fait prêt physiquement». Se présenter à Melbourne sans aucun match dans les jambes peut-il lui porter préjudice? «Pas forcément. Cela dépend de chacun, estime Varlet. Quand ils arrivaient dans un tournoi avec peu de matchs dans les jambes, Federer et Del Potro savaient par exemple être compétitifs après un ou deux tours déjà.»
Le système même des têtes de série en Grand Chelem (il y en a 32) protège un joueur classé au 4e rang mondial comme Djokovic. Celui-ci ne pourra pas rencontrer une autre tête de série avant le 3e tour. «Djokovic aura donc deux matchs pour bien se mettre dans son tournoi. Je ne me fais pas trop de souci pour lui, je pense qu'il sera compétitif à Melbourne.»
«Djoko» affrontera l'Espagnol Pedro Martinez (71e mondial) au premier tour puis, s'il se qualifie, le vainqueur du duel entre le Français Terence Atmane (64e) et le qualifié italien Francesco Maestrelli (141e). Comme d'habitude, il sera très suivi par le public et les médias, surtout cette année, puisqu'il est l'une des grandes énigmes de 2026, selon notre expert.
Julien Varlet, qui a accompagné Gaël Monfils et Stan Wawrinka à l'entraînement en décembre dernier, pense que le Serbe de 38 ans peut atteindre «les quarts ou les demi-finales» cette année, mais il sait aussi que remporter un tournoi de quinze jours dans un format au meilleur des cinq sets sera compliqué pour lui.
«S'il veut aller au bout, il devra battre Sinner et Alcaraz coup sur coup. Or ce sont deux deux extraterrestres», rappelle-t-il. Bien sûr, on a déjà vu des surprises en Majeur, et Julien Varlet admet volontiers qu'il est «le premier à trouver Alcaraz parfois un peu brouillon sur ses premiers tours en Grand Chelem». Mais il rappelle aussi cette vérité: «Depuis le début de sa carrière, Carlos Alcaraz a remporté 15 des 17 matchs disputés en cinq sets, donc même quand il est poussé dans ses retranchements, il parvient généralement à s'en sortir.»
Le duel entre Carlos Alcaraz et Jannik Sinner sera lui aussi au centre de l'attention durant la saison 2026. Toute la question est de savoir s'ils vont encore écraser le circuit comme en 2025. «Je pense que oui», répond Julien Varlet.
Premiers éléments de réponse dans les quinze prochains jours, avec un duo de favoris mais aussi un outsider qui disputera son 81e Majeur (il rejoindrait Roger Federer et Feliciano Lopez qui détiennent le record du nombre de participations) et rêve de frapper un dernier grand coup: s'il s'impose à Melbourne, Novak Djokovic dépassera Margaret Court, avec laquelle il partage actuellement le record de titres (24) en Grand Chelem.
