Une infime erreur de pilotage a bousillé la santé de ce Suisse
Trois vertèbres cassées, deux accidents en une semaine et demie, et une saison qui s’arrête net. Ce ne sont pas de bonnes nouvelles que Nils Reich a partagées le 26 décembre sur Instagram.
Victime d’une lourde chute en bob à quatre en Coupe d'Europe, le jeune Argovien souffre de trois fractures aux vertèbres. Physiquement, «ça va à peu près», explique-t-il. Mentalement, en revanche, la situation est «dure à encaisser».
«Quand je suis assis ou couché, je n’ai presque pas mal», raconte le pilote de 21 ans.
Le diagnostic est clair, tout comme les conséquences: quatre à six semaines de repos total, puis la rééducation. Il n’est plus question de compétition cet hiver. «Continuer la saison n’aurait aucun sens. Ça ne ferait qu’ajouter de la pression.»
Ce qui rend l’histoire encore plus amère, c’est que Reich venait tout juste de se remettre d’un premier crash. Moins de deux semaines plus tôt, il avait chuté à l’entraînement à Altenberg, en Allemagne. Lui et l’un de ses pousseurs avaient alors subi une commotion cérébrale. «Altenberg est connue pour être une piste difficile et dangereuse», rappelle l’Argovien.
Après le feu vert médical, Reich est retourné sur la glace. La première journée d’entraînement en bob à deux, à Winterberg, s’est bien passée et lui a même redonné du plaisir. Le lendemain, place au bob à quatre. Dès la première descente, tout bascule à nouveau.
Comme un accident de voiture sans ceinture
Nils Reich décrit la scène comme un crash automobile sans ceinture de sécurité.
Le bob s’est renversé à environ 136 km/h.
«Winterberg n’est pas considérée comme une piste particulièrement dangereuse, en tout cas pas comme Altenberg», explique-t-il. «Au début, on s’endort presque un peu, puis, dans la partie basse, la vitesse devient extrême.» Une infime erreur de pilotage a suffi.
Choc à la tête, perte de contrôle, arrêt brutal. Puis la question qui s’impose: qu’est-ce qui est cassé?
Dans son cas, ce sont trois vertèbres. Un moindre mal, d’une certaine manière. Ses trois coéquipiers, eux, sont sortis indemnes de l’accident. Un petit soulagement pour Reich, même si les conséquences dépassent sa seule personne.
«Au fond du trou»
Il parle sans détour de la charge mentale. «En ce moment, je suis un peu au fond du trou.» Deux grosses chutes en si peu de temps, une blessure à l’épaule en début d’année… «2025 est une année à oublier.» Mais au milieu de tout ça, il y a aussi de la reconnaissance. «C’est un mal pour un bien. Ça aurait pu être bien pire.» Avec des fractures aux vertèbres, le risque de lésions nerveuses est réel.
Ce qui l’aide aujourd’hui? Le temps, d’abord. La famille, les amis, et le fait de prendre de la distance avec le stress des courses. «Et ensuite, recommencer la préparation le plus vite possible.» Le regard déjà tourné vers l’avenir, Nils Reich vise un retour en pleine santé cet été. Sans fractures. Et sans commotion cérébrale.
Adaptation en français: Yoann Graber
