Les descendeurs suisses ont un gros problème avant les JO
Ils constituent nos plus grands espoirs de médailles aux Jeux olympiques d’hiver: les spécialistes suisses de vitesse. Outre la superstar Marco Odermatt, le champion du monde de descente Franjo von Allmen et le vainqueur de Bormio Alexis Monney font figure de sérieux candidats à l’or. Même les seconds couteaux, comme Stefan Rogentin, Justin Murisier, Niels Hintermann ou la révélation Alessio Miggiano, peuvent nourrir de grandes ambitions le temps d’une course.
Mais aux Jeux olympiques, chaque nation ne peut aligner que quatre athlètes par discipline. Il fut un temps où tous les membres de l'équipe ne remplissaient pas les critères de sélection interne, à savoir un Top 7 ou deux Top 15 durant la saison olympique. Cette année, en revanche, l’embarras du choix règne chez les spécialistes suisses de la vitesse: aussi bien en descente qu’en super-G, cinq skieurs ont déjà satisfait aux exigences.
Derrière les indiscutables Marco Odermatt, Franjo von Allmen et Alexis Monney, la lutte fait rage pour décrocher le quatrième ticket. Il est même possible que, d’ici la fin de la période de sélection fixée au 25 janvier, d’autres skieurs parviennent à remplir les critères requis, en brillant à Wengen et Kitzbühel. Mais certains devront malgré tout rester à la maison. Rogentin? Murisier? Miggiano? Hintermann? Dans d’autres nations, ils seraient accueillis à bras ouverts. En Suisse, plusieurs d’entre eux recevront une réponse négative.
A l’approche des courses du Lauberhorn à Wengen, les athlètes concernés s’efforcent visiblement de ne pas envenimer le débat publiquement. Justin Murisier, l’un des plus expérimentés du groupe, assure par exemple qu’une victoire en Coupe du monde compte davantage pour lui qu’une sélection olympique. Seul Niels Hintermann laisse transparaître que la bataille va s’intensifier ces prochains jours:
image: keystone
Les Suissesses à la peine
Chez les hommes, à l’exception du slalom où deux places restent encore à attribuer, les quotas sont dépassés. Chez les femmes, en revanche, plus de la moitié des tickets sont encore vacants. En descente (Janine Schmitt) comme en super-G (Malorie Blanc), une seule athlète a pour l’instant assuré sa place. Du côté des épreuves techniques, seules Camille Rast (slalom et géant), Wendy Holdener (slalom) et Eliane Christen (slalom) ont déjà leur billet en poche.
Corinne Suter pourra-t-elle défendre sa médaille d’or obtenue en descente en 2022? Si trop peu d’athlètes remplissent les critères, les responsables peuvent sélectionner des skieurs ou skieuses qu'ils jugent capables d’obtenir un résultat de haut niveau, alors qu'ils reviennent de blessure ou subissent une période difficile. La Suisse fera très probablement usage de cette possibilité: en tant que nation leader, elle ne peut se permettre de laisser un quota vacant.
