Sport
Hockey sur glace

Suisse-USA: l'intuition de Patrick Fischer fait gagner la Nati

Une intuition géniale de Patrick Fischer a fait gagner la Nati
Le sélectionneur Patrick Fischer (à gauche) n'a pas hésité à tout changer pour favoriser l'intégration de Kevin Fiala. image: shutterstock/keystone

Une intuition géniale de Patrick Fischer a fait gagner la Nati

Si la Suisse a battu les Etats-Unis 3-0, c'est aussi et surtout grâce à son sélectionneur Patrick Fischer, particulièrement bien inspiré lundi à Herning.
13.05.2025, 11:5713.05.2025, 13:49
Klaus Zaugg
Klaus Zaugg

«C'était une belle journée»: à lui seul, le sélectionneur national Patrick Fischer a parfaitement résumé la brillante prestation de la Nati, victorieuse 3-0 contre les Etats-Unis, lundi à Herning au Danemark.

Les Suisses ont livré un match parfait, que ce soit avec ou sans le puck. Un équilibre rare entre discipline et créativité, concentration et décontraction – quelque chose que l’on voit peu dans un sport aussi imprévisible que le hockey. Les Américains (dont un seul joueur ne provient pas de la NHL) n’ont eu aucune chance, de la première à la dernière seconde.

Sous Patrick Fischer, la Suisse a déjà signé plusieurs grands succès au Championnat du monde. En 2022, elle avait même terminé la phase de groupes avec sept victoires au compteur. Mais un 3-0 concédé contre le Team USA en quart de finale avait mis fin à l'aventure des Helvètes. Etre «champion du monde de la phase de groupes» ne signifie malheureusement rien. Une toute autre vérité se révèle à partir des quarts de finale.

Après un match fou contre les champions du monde tchèques (défaite 4-5 après prolongation), les Suisses ont retrouvé leur calme, assuré l’essentiel contre le Danemark (5-2), puis trouvé face aux Etats-Unis un très bel équilibre entre magie offensive et rigueur défensive. Jamais encore sous Fischer la Nati n’avait autant dominé une grande nation du hockey mondial. Jamais un «géant» n’avait été autant privé de chances, du début à la fin.

Mais ce qui rend cette victoire spectaculaire, c’est avant tout sa sobriété. En d’autres termes, celle-ci a été spectaculaire par le résultat, et peu spectaculaire par son déroulé. Il n'y a eu aucun drame. Aucun feu d’artifice. Juste une démonstration froide de maîtrise tactique et technique. Ce succès est certes impressionnant, mais pour les amateurs de sensations fortes, il est presque ennuyeux. L'adversaire a été mis «échec et mat» coup après coup. Leonardo Genoni n’a pas eu besoin de se surpasser, ni de sortir des arrêts miraculeux. Ses coéquipiers ont tout verrouillé.

Switzerland's goaltender Leonardo Genoni in action, during the IIHF 2025 World Championship preliminary round group B game between Switzerland and Czech Republic, at the Jyske Bank Boxen, in Hern ...
Et un blanchissage pour Leonardo Genoni, un!image: Keystone

Et pourtant, le résultat est presque choquant: Leonardo Genoni n'a concédé aucun but contre les Etats-Unis, et ce, en plein Championnat du monde, alors que l'on se demandait s'il était encore le «grand Genoni» des aventures de 2018 ou 2024.

Il reste les matchs contre l’Allemagne, la Norvège, la Hongrie et le Kazakhstan pour débattre sur le choix du gardien numéro un. Mais face à de tels adversaires, il sera difficile pour Stéphane Charlin de passer un vrai test. Peut-être pourrait-il relancer la discussion avec un blanchissage contre l’Allemagne, à condition d'être titularisé.

Pour choisir son gardien en quart de finale, Patrick Fischer devra se fier à son intuition. Les statistiques, elles, ne donneront pas de réponse claire. Son flair, le technicien l’a cependant déjà démontré lors de ce 3-0 contre les USA. En intégrant Kevin Fiala, il a remanié les quatre lignes, et pourtant, l’équipe a tourné comme une horloge, en attaque comme en défense.

Grégory Hofmann était en tribune, et non Andres Ambühl. Depuis quand un sélectionneur suisse a-t-il pu se permettre de se passer d’un attaquant comme Grégory Hofmann lors d’un Mondial? Les mauvaises langues diront que Hofmann est le grand perdant de cette compétition, et que seul son nom lui a permis d’obtenir sa place dans l'équipe. Les plus enthousiastes, eux, se réjouiront: «Quelle profondeur d’effectif, si l’on peut se passer d’un joueur comme lui».

Est-ce que Niederreiter viendra aussi?
Si Nino Niederreiter est éliminé avec Winnipeg au deuxième tour des play-offs, il pourrait rejoindre l’équipe nationale pour le Mondial. «Nous gardons encore une place libre», explique le sélectionneur Patrick Fischer. Cette place reste réservée à Niederreiter tant que nous ne savons pas si Winnipeg poursuivra sa route. Les Jets sont actuellement menés 2-1 par Dallas dans la série.

Pour les quatre matchs restants, une nouvelle mission attend Patrick Fischer: il ne s’agit plus de sécuriser la qualification pour les quarts (elle est acquise), mais de conserver la forme, d'affiner un jeu déjà très abouti et de relâcher légèrement – mais pas trop – les rênes tactiques.

Bilan après trois parties: ceux qui remportent les matchs de poule de manière spectaculaire ne sont pas forcément candidats à une demi-finale ou une finale. Mais ceux qui gagnent de manière spectaculaire sans assurer le spectacle – comme la Suisse contre les USA – peuvent aller très loin. De Herning à Stockholm, où se joueront les ultimes rencontres du Championnat du monde.

Plus d'articles sur le sport
Voici les rares courses que Pogacar n'a pas encore gagnées
Voici les rares courses que Pogacar n'a pas encore gagnées
de Julien Caloz
Un Romand fait une contre-proposition à Sabalenka
Un Romand fait une contre-proposition à Sabalenka
de Julien Caloz
Les défaites ont rendu Simon Ehammer plus fort
1
Les défaites ont rendu Simon Ehammer plus fort
de Rainer Sommerhalder
Le patron du ski mondial veut «prolonger la saison»
Le patron du ski mondial veut «prolonger la saison»
Le Bayern Munich est victime d'une curieuse hécatombe
Le Bayern Munich est victime d'une curieuse hécatombe
de Romuald Cachod
Le grand projet de Sierre est une aubaine pour Ajoie
1
Le grand projet de Sierre est une aubaine pour Ajoie
de Klaus Zaugg
La réforme du hockey suisse est le comble de l'arrogance
La réforme du hockey suisse est le comble de l'arrogance
de marcel kuchta
Pourquoi la star suisse de la natation est si peu connue
1
Pourquoi la star suisse de la natation est si peu connue
de Simon Häring
Ce Fribourgeois peut sauver la saison du CP Berne
Ce Fribourgeois peut sauver la saison du CP Berne
de Klaus Zaugg
L’histoire émouvante d’un petit fan de Bodø mène en Suisse
L’histoire émouvante d’un petit fan de Bodø mène en Suisse
de Romuald Cachod
Dominique Gisin: «Si je pouvais décider, ma fille ferait du ski de fond»
Dominique Gisin: «Si je pouvais décider, ma fille ferait du ski de fond»
de Étienne Wuillemin
Un «retour historique» se prépare aux Paralympiques
Un «retour historique» se prépare aux Paralympiques
Les coachs suisses sont victimes d'un changement
Les coachs suisses sont victimes d'un changement
de Klaus Zaugg
Une situation cocasse a fâché les fans de rugby
Une situation cocasse a fâché les fans de rugby
Marco Odermatt explose (presque) tous les compteurs
1
Marco Odermatt explose (presque) tous les compteurs
de pascal vogel
La deuxième division du hockey suisse va vivre une révolution
1
La deuxième division du hockey suisse va vivre une révolution
de Klaus Zaugg
«Dans l'ombre de l'UTMB, les trails romands souffrent»
«Dans l'ombre de l'UTMB, les trails romands souffrent»
de Julien Caloz
«Le coach de Tottenham a fait une faute professionnelle»
«Le coach de Tottenham a fait une faute professionnelle»
de Yoann Graber
Une sale fréquentation éclabousse un équipier de Pogacar
Une sale fréquentation éclabousse un équipier de Pogacar
de Romuald Cachod
Une spécificité du calendrier rend Bodø/Glimt dangereux
Une spécificité du calendrier rend Bodø/Glimt dangereux
de Romuald Cachod
Voici les pires frasques de Gianni Infantino
1
Voici les pires frasques de Gianni Infantino
de Stefan Wyss
On en a la chair de poule
On en a la chair de poule
de Yoann Graber
Ce club portugais fait trembler les grands d'Europe
Ce club portugais fait trembler les grands d'Europe
de Julien Caloz
Sepp Blatter «Trump est malade, et Infantino lui ressemble»
Sepp Blatter «Trump est malade, et Infantino lui ressemble»
de François Schmid-Bechtel et Sebastian Wendel
Newcastle peut profiter d'un défaut insolite de son stade
Newcastle peut profiter d'un défaut insolite de son stade
«Honteux!»: la décision de cet arbitre de tennis fait polémique
«Honteux!»: la décision de cet arbitre de tennis fait polémique
de Yoann Graber
La pétanque suisse prend une mesure insolite pour aller aux JO
La pétanque suisse prend une mesure insolite pour aller aux JO
de Yoann Graber
Fiasco total pour l'écurie Aston Martin en F1
1
Fiasco total pour l'écurie Aston Martin en F1
de Romuald Cachod
Polémique autour du match de rugby Ecosse-France
Polémique autour du match de rugby Ecosse-France
Un tournoi de tennis très rare va naître près de la Suisse
Un tournoi de tennis très rare va naître près de la Suisse
de Yoann Graber
«Génial»: Une innovation en biathlon cartonne
«Génial»: Une innovation en biathlon cartonne
Une joueuse de tennis placée sous protection policière
2
Une joueuse de tennis placée sous protection policière
de Yoann Graber
Cet arbitre suisse raconte son improbable idée lors d'un match Iran-USA
Cet arbitre suisse raconte son improbable idée lors d'un match Iran-USA
de Sebastian Wendel
Cette Romande est une championne ultime
Cette Romande est une championne ultime
de Julien Caloz
Le curieux aveu d'une ancienne star du foot suisse
Le curieux aveu d'une ancienne star du foot suisse
Ce mythe du foot romand prend sa retraite et raconte ses «dernières fois»
Ce mythe du foot romand prend sa retraite et raconte ses «dernières fois»
de Yoann Graber
La vie du pape François
1 / 38
La vie du pape François
Le pape François a été le chef de l'Église catholique pendant 12 ans, 1 mois et 8 jours.
source: sda / frustaci
partager sur Facebookpartager sur X
Les 10 meilleures chansons suisses à l'Eurovision
Video: watson
Ceci pourrait également vous intéresser:
Avez-vous quelque chose à nous dire ?
Avez-vous une remarque ou avez-vous découvert une erreur ? Vous pouvez nous transmettre votre message via le formulaire.
0 Commentaires
Comme nous voulons continuer à modérer personnellement les débats de commentaires, nous sommes obligés de fermer la fonction de commentaire 72 heures après la publication d’un article. Merci de votre compréhension!
Les défaites ont rendu Simon Ehammer plus fort
L'Appenzellois s'est nourri de ses plus cruelles désillusions pour devenir champion du monde et nouveau recordman de l'heptathlon.
C’était il y a six ans. À l’époque, Simon Ehammer était déjà considéré comme un espoir du sport suisse, tout en gagnant encore sa vie en vendant des chaussures. Cela ne l’avait pas empêché, à 20 ans, d’afficher sans détour ses ambitions au micro: devenir un jour le meilleur du monde dans les disciplines combinées. Plus que l’objectif en lui-même, c’est l’absence totale de retenue, presque à rebours des codes helvétiques, qui avait frappé les observateurs. Les racines tyroliennes de son père Franz y étaient sans doute pour quelque chose: Simon Ehammer s’exprimait avec une assurance débordante.
L’article