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Kastriot Imeri (en rouge) a fêté sa première sélection avec l'équipe de Suisse vendredi à Rome face à l'Italie.
Kastriot Imeri (en rouge) a fêté sa première sélection avec l'équipe de Suisse vendredi à Rome face à l'Italie.Image: KEYSTONE
Nati

Kastriot Imeri, le petit nouveau de la Nati qui rend fière Genève

Entré en jeu vendredi face à l'Italie à la 69ème minute, le milieu de terrain servettien (21 ans) représente le futur de l'équipe nationale. Mais qui est-il vraiment? Ses collègues, amis et experts du foot dressent le portait de ce footballeur si prometteur.
14.11.2021, 00:4314.11.2021, 09:56
Jonathan Amorim
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Rome, Stadio Olimpico, vendredi 12 novembre 2021, 21h24. Kastriot Imeri s'apprête à rentrer sur le terrain, pour prendre la place de Renato Steffen. Le futur de la Nati se dessine devant nos yeux et il est Romand. Frissons.

Né le 27 juin 2000, Kastriot Imeri démarre sa carrière du côté de Meyrin avant de rejoindre Servette en 2013. Il y effectue toute sa formation jusqu'à la première équipe. Une progression linéaire en équipe nationale aussi, où il représente la Suisse des M16 jusqu'au M21 (pour un total de 32 sélections).

image: keystone

Une évolution qui a atteint son apogée vendredi soir, donc, avec cette entrée en jeu avec la Nati à Rome, contre la grande Italie. L'occasion de décortiquer le phénomène Kastriot Imeri.

Un footballeur complet

Milieu offensif à cheval entre le 10 à l'ancienne et le box-to-box plus moderne capable de casser les lignes, Kastriot Imeri est également un footballeur athlétique et complet, comme nous l'explique son préparateur physique à Servette, Mathieu Degrange: «Kastriot est un joueur qui a beaucoup d'aptitudes athlétiques pour le sport de haut niveau. Il est tonique, il sait répéter les efforts et sa structure musculaire est très développée.» Le domaine d'expertise de Mathieu Degrange, c'est bien évidemment l'évolution des capacités physiques de ses joueurs. Toutefois, au bout du fil, le Français insiste également sur les qualités humaines de Kastriot Imeri:

«C'est un super garçon, respectueux. Il mérite amplement ce qui lui arrive»
Mathieu Degrange, préparateur physique du Servette FC
Image: KEYSTONE/TI-PRESS

Ces louanges sur Kastriot Imeri sont aussi tressées par ses coéquipiers. Steve Rouiller, l'un des cadres du vestiaire servettien, décrit le néo-international comme un exemple:

«Il joue avec la première équipe depuis longtemps maintenant, il fait partie des meubles dans le vestiaire. Il est d'ailleurs vu comme un exemple par les jeunes qui viennent s'entraîner avec nous. Ils l'écoutent et sont admiratifs de son parcours. Kastriot a toujours placé le football au centre de ses priorités et, aujourd'hui, ça paie.»
Steve Rouiller, coéquipier de Kastriot Imeri à Servette
image: keystone

Au-delà des capacités physiques et humaines du nouveau numéro 16 de la Nati, tous sont également admiratifs de ses qualités techniques. «Il aime le ballon, il aime régaler. Il a encore une belle marge de progression, notamment dans la constance. On va avoir besoin de lui cette saison», nous confie Steve Rouiller. Pour Mathieu Degrange, Kastriot Imeri possède des «qualités techniques au-dessus de la moyenne qui font de lui un joueur complet, le joueur du futur.»

La réussite du Genevois est d'autant plus remarquable qu'il a su s'imposer dans un club pas forcément réputé ces dernières années pour faire confiance à ses jeunes. Daniel Visentini, journaliste au Sport-Center de Tamedia pour la Tribune de Genève, entre autres, connaît très bien la problématique:

«Servette, contrairement à Saint-Gall ou Zurich, lance moins de jeunes joueurs en Super League ces dernières années. Imeri a su saisir sa chance notamment depuis la blessure de Cognat à mi-terrain. Il a également ce profil très complet, capable d'évoluer dans l'axe comme sur l'aile, défensivement et offensivement. Il possède un panel de qualités très large. Cette polyvalence, c'est certainement une des raisons qui ont poussé Murat Yakin à l'appeler en équipe nationale.»
Image: KEYSTONE

La nouvelle génération

En succédant à Vladimir Petkovic, Murat Yakin se voyait également octroyer une tâche que personne ne semblait vraiment vouloir assumer ces dernières années: renouveler les cadres de la Nati. Un peu forcé par le destin et les blessures, il a brillament réussi à le faire vendredi soir, en titularisant Noah Okafor à la pointe de l'attaque, notamment, et en accordant donc sa première sélection à Kastriot Imeri.

Une nouvelle génération dans laquelle on peut encore ajouter Andi Zeqiri ou l'ancien Sédunois Bastien Toma, ami d'Imeri:

«Kastriot est plus jeune qu'Andi et moi, mais il s'est vite intégré dans les M21 suisses. On a beaucoup de points en commun donc, forcément, on s'est vite rapprochés. C'est quelqu'un qui sait être sérieux quand il le faut, mais qui sait également déconner après les séances. J'étais très heureux de le voir entrer en jeu hier soir. Il le mérite»
Bastien Toma, joueur de Genk et ami de Kastriot Imeri

Steve Rouiller, 31 ans, fait, lui, plutôt partie des «anciens»: «Kastriot appartient à cette nouvelle génération de footballeurs, une génération différente de la nôtre. Ils ont grandi avec les réseaux sociaux par exemple. "Kastri" gère très bien cela, c'est vraiment un professionnel à tous les niveaux.»

Une admiration qui se ressent également dans les paroles de Mathieu Degrange:

«C'est un gamin de 20 ans mais il a déjà une vraie personnalité. Tu sens sa présence dans le vestiaire. Il a vraiment tout pour devenir un sportif de haut niveau. Sa marge de progression est encore grande mais c'est une réelle fierté de travailler avec lui au quotidien.»

Si le joueur possède une marge de progression dans son jeu, il y a bien un domaine où il a déjà démontré de grandes évolutions. Dans son expression, sa confiance et sa relation avec la presse, Kastriot Imeri affiche déjà une belle maturité, comme nous l'explique le journaliste Daniel Visentini:

«Je l'ai connu très timide mais à l'image de ce qu'il produit sur le terrain, il affiche à présent une solide maturité lorsqu'il se présente à nous. C'est un joueur qui cherche en permanence à écouter, à recevoir des conseils, aux côtés de Gaël Clichy, par exemple, dans le vestiaire servettien. Et ça, à son âge, c'est une belle preuve de maturité»
Daniel Visentini, journaliste sportif

La fierté du club

Cette apparition de Kastriot Imeri peut apparaître comme une véritable bouffée d'oxygène pour Servette – en proie à des difficultés en championnat – et ses supporters, comme en témoigne Bijan, 32 ans, fidèle fan grenat:

«Bien sûr que ça m'a fait plaisir de le voir entrer en jeu hier. Le dernier servettien, sauf erreur, à avoir porté le maillot de la Nati était Vincent Rüfli. Mais cette fois, on sent que Kastriot a le talent pour s'imposer à long terme en équipe nationale. Honnêtement, je n'ai même pas pensé à la situation de Servette vendredi, j'ai juste kiffé le moment. Bien sûr, j'espère que cette expérience lui permettra d'amener un petit plus à l'équipe à son retour. On en a bien besoin.»

Une fierté qui se ressent également dans le vestiaire servettien, comme nous l'explique à nouveau Steve Rouiller: «On lui avait dit avant le match qu'il allait sûrement jouer vu le nombre de blessés. C'est ce qu'il s'est passé et il a très bien géré son entrée, c'est un joueur qui ne se pose pas trop de questions, il sait gérer la pression. C'est magnifique également pour le club, qui va bénéficier de visibilité. On espère également qu'il va revenir avec une force mentale supplémentaire, car on aura vraiment besoin de lui ces prochaines semaines.»

La fierté se propage bien évidemment au staff servettien, qui a vécu l'entrée en jeu de son milieu de terrain vendredi comme le résultat de longues années de travail. Mathieu Degrange:

«C'est magnifique pour tout le monde. De ses éducateurs en juniors au staff actuel, c'est une fierté pour tout le club»
Mathieu Degrange, préparateur physique du Servette FC

Plus loin que la fierté qu'elle peut engendrer, cette entrée en jeu vendredi représente, pour Daniel Visentini, un nouveau pallier dans la carrière de Kastriot Imeri: «Là, on parle du niveau international. En face, tu as des mecs comme Jorginho qui se bat pour le Ballon d'Or. C'est un gage de confiance pour Servette et Kastriot de la part de Murat Yakin. Imeri va pouvoir également apprendre beaucoup aux côtés de son nouveau sélectionneur, véritable expert tactique.»

image: keystone

Le prochain rendez-vous pour Kastriot Imeri et la Nati, c'est lundi soir, dans un match à nouveau décisif, face à la Bulgarie. Il faudra s'imposer et espérer un faux pas italien à Belfast. Avant donc de retrouver, pour le néo-international, Genève et Servette, et tenter d'y apporter ce surplus d'énergie dont le club aura grandement besoin pour la fin de cette année.

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