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«Une équipe qui prend 15-0, ce n'est bon ni pour la Chine ni pour le hockey»

L'ex-joueur et entraîneur Paul-André Cadieux en est certain: la Chine ne pourra pas régater avec les meilleures formations aux Jeux de Pékin. Il rejoint l'avis du nouveau président de la fédération internationale, qui réfléchit à remplacer cette équipe jugée trop faible.
29.09.2021, 19:3230.09.2021, 09:58
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La Chine pourra-t-elle disputer le tournoi masculin de hockey sur glace des prochains Jeux olympiques de Pékin (4 au 20 février 2022)?

La raison de ce questionnement? Le niveau de l'équipe, jugé trop faible actuellement.

Il émane de Luc Tardif, nouveau président de la fédération internationale (IIHF). Le Franco-Canadien n'y est pas allé par quatre chemins lundi dans les médias:

«Cette question se pose vraiment, pour l'équipe masculine, pas pour l'équipe féminine. Il va y avoir des matches de l'équipe de Chine qui seront supervisés par un responsable de l'IIHF et une décision sera prise ensuite»
Luc Tardif, président de l'IIHF

Peur de perdre en crédibilité

Sa crainte? Que les hockeyeurs chinois, 32e au classement mondial (sur 52 nations) et juste devant l'Australie et Israël, soient ridiculisés par leurs adversaires de groupe – le Canada, les Etats-Unis et l'Allemagne, sacré tirage!

«Voir une équipe se faire battre 15-0, ce n'est bon pour personne, ni pour la Chine, ni pour le hockey sur glace»
Luc Tardif

Paul-André Cadieux partage le scepticisme du président de l'IIHF. L'ex-joueur et entraîneur légendaire du hockey helvétique redoute une perte de crédibilité pour son sport et les Jeux olympiques.

«C'est dans l'intérêt des organisateurs d'offrir au public du bon hockey en évitant des matches comme l'écrasante victoire suisse 8-0 contre la Corée du Sud à 2018 à Pyeongchang», rembobine le résident de Villars-sur-Glâne (FR). «En plus, cette année il y aura exceptionnellement les meilleurs joueurs de NHL. Ils veulent du challenge. Alors si le niveau du tournoi est trop faible, ils pourraient décider de ne pas revenir pour les prochains Jeux.»

Consignes rudimentaires

Les hockeyeurs chinois disposent de quatre mois pour préparer ces JO de Pékin, sans même savoir, donc, s'ils y participeront. Reprendre l'équipe maintenant pour tenter de la rendre compétitive, un challenge qu'accepterait le très expérimenté Paul-André Cadieux? «Non, il faut quelqu'un qui connaisse mieux le contexte chinois», répond-il avec humilité.

Mais s'il était sur le banc, il saurait quelles consignes crier à ses joueurs sur la glace:

«Tenez vos adversaires à la culotte, sortez le puck de notre zone défensive le plus vite, le plus loin et le plus longtemps possible!»

Aucun doute, ces mots sont ceux d'un entraîneur dont la seule mission est d'éviter une correction. L'ex-coach de Servette et Gottéron, entre autres, pense que c'est le seul objectif réalisable des Chinois contre les Canadiens, Américains et Allemands. Comment y arriver, concrètement? «En trouvant un gardien capable de faire des miracles... En fait, il faudrait un sumo dans la cage», rigole Paul-André Cadieux.

Paul-André Cadieux sur le banc du HC Bâle en mars 2004.
Paul-André Cadieux sur le banc du HC Bâle en mars 2004.
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Des joueurs en KHL

Pourtant, la fédération chinoise de hockey sur glace a essayé de monter un contingent compétitif pour l'événement. Le technicien rappelle qu'elle «a fait de la prospection dans l'Ouest du Canada et des Etats-Unis pour enrôler dans l'équipe nationale des hockeyeurs d'origine chinoise».

Elle a aussi engagé dans sa formation un entraîneur suisse, Köbi Kölliker, qui a remporté les Mondiaux M20 de troisième division avec la Chine en janvier 2019. Mais ses protégés ne sont pas encore assez mûrs pour se frotter au tout haut niveau.

Pas plus que les pensionnaires du HC Red Star Kunlun, club de Pékin intégré dès sa création en 2016 à la prestigieuse KHL (Ligue continentale de hockey, soit l'ex-première division russe). L'équipe, fondée pour développer ce sport dans le pays, compte quelques jeunes talents locaux et des joueurs canadiens et américains naturalisés chinois grâce à leurs origines de l'Empire du Milieu.

Malgré ce vivier de hockeyeurs avec un potentiel intéressant, la Chine n'a donc pas réussi à dénicher ceux qui lui assureraient sa place dans le tournoi olympique. Si elle devait ne pas y participer, elle serait remplacée par la Norvège, première nation non qualifiée pour Pékin au classement mondial.

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