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Sonny Colbrelli (Bahrain Victorious) s'est imposé au sprint sur le vélodrome de Roubaix.
Sonny Colbrelli (Bahrain Victorious) s'est imposé au sprint sur le vélodrome de Roubaix.
Image: Keystone

Ce 118e Paris-Roubaix est entré dans l'histoire du vélo

La Reine des classiques a couronné un novice italien (Sonny Colbrelli) au terme d'une course folle, disputée dans des conditions dantesques et marquée par le numéro incroyable d'un coureur (Gianni Moscon) à la réputation sulfureuse.
03.10.2021, 18:0503.10.2021, 18:19
Team watson
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Les coureurs du 118e Paris-Roubaix ont écrit une nouvelle page de la riche histoire du vélo ce dimanche pour au moins trois raisons.

Un novice titré

Pour la première fois depuis 1955 et la victoire de Jean Forestier, un coureur s'est imposé pour sa première participation sur les pavés. Son nom: Sonny Colbrelli. Son âge: 31 ans. Le polyvalent transalpin a devancé au sprint le favori néerlandais Mathieu van der Poel et le surprenant belge Florian Vermeersch.

La réaction du vainqueur

Image: Eurosport

Côté suisse, Stefan Bissegger a longtemps joué les premiers rôles avant de craquer dans les 60 derniers kilomètres. Stefan Küng faisait également partie de la première échappée, formée à plus de 210 km de l'arrivée. Mais le Thurgovien a joué de malchance, chutant pas moins de trois fois.

Des conditions dantesques

La pluie et la boue ont donné lieu à des scènes incroyables tout au long des 257 km du parcours.

Les cyclistes ont dû jouer aux équilibristes pour garder le contrôle de leur monture sur les secteurs pavés.

Plusieurs crevaisons et chutes (et parfois ralentissements) ont émaillé la course, provoquant de nombreux rebondissements. Le groupe du Belge Wout van Aert a ainsi été piégé derrière une chute dans la dernière demi-heure de course, perdant toutes ses chances de revenir sur la tête.

Le numéro de Moscon

Cette édition a aussi été marquée par le numéro incroyable réalisé par Gianni Moscon, dont la réputation sulfureuse n'en fait pas vraiment le favori du peloton. Celui qui avait été exclu du Tour de France 2018 pour avoir frappé un adversaire, ou accusé d'insultes racistes sur le Tour de Romandie 2017, a rappelé qu'il savait aussi être un redoutable coureur. Longtemps seul en tête, il aurait pu jouer la gagne s'il n'avait pas été victime d'une crevaison puis d'une chute.

La crevaison est rageante, la chute peut-être davantage encore, puisqu'elle semble être consécutive à un mauvais réglage de son vélo de rechange. Ses pneus étaient sans doute trop gonflés pour amortir les chocs sur les secteurs pavés, rendant la maîtrise du vélo très incertaine.

Acteurs, scénario et décor: il y avait de tout pour faire un grand film, ce dimanche sur Paris-Roubaix, et donner aux amoureux du vélo l'envie de le regarder encore longtemps.

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