Il révèle comment des sauteurs à ski truquent leur pénis
Mika Vermeulen sait parfaitement de quoi il parle. Entre 2013 et 2018, l’Autrichien, plusieurs fois champion du monde junior, a évolué au plus haut niveau en combiné nordique chez les jeunes. Dans le podcast norvégien Skirious Problems, il a désormais levé le voile sur des pratiques de triche particulièrement répandues en saut à ski, notamment au niveau des parties intimes.
«Les gens trichaient constamment. Ils bourraient leurs sous-vêtements de tonnes de plastiline (réd: une pâte à modeler) pour obtenir un entrejambe plus grand», affirme Vermeulen. Selon lui, cette pratique relève du secret de Polichinelle. Mais elle n'est pas la seule.
«La première fois que j’ai dû me soumettre aux mesures, des sauteurs plus âgés et expérimentés sont venus me voir pour me dire: "C'est très important que tu scotches ton pénis au bas de ton dos avec du ruban adhésif, car si tu le fais, la mesure de l’entrejambe sera plus basse d'un ou deux centimètres"», se souvient-il.
L’avantage est évident: un entrejambe plus long, ou plutôt, un point artificiellement abaissé le plus bas, permet d'obtenir davantage de tissu, donc une surface portante plus importante en vol. Vermeulen précise toutefois que les athlètes concernés ne sont actuellement plus actifs en Coupe du monde.
Mais concernant les pratiques récentes, qui ont émaillé le saut, le participant aux Jeux olympiques va plus loin: «Je peux l’affirmer avec une certitude absolue: tous ceux qui sont disqualifiés en saut à ski et en combiné nordique trichent délibérément. Et ils se justifient simplement en disant: "Oui, oui, mais tout le monde le fait"».
Vermeulen a lui-même tourné le dos au combiné et donc au saut à partir de la saison 2018/19 pour se consacrer entièrement au ski de fond, une discipline où, selon lui, les règles sont mieux respectées. «En saut à ski, on préfère prendre des risques ou évoluer au bord de la limite, en se disant que cela finira par mal tourner un jour, mais que c’est quand même acceptable», critique-t-il, appelant à des sanctions plus sévères.
Si les règles ont déjà été durcies et les contrôles renforcés, cela reste insuffisant aux yeux de certains acteurs du milieu. Aujourd’hui, deux infractions entraînent une suspension de deux compétitions. «Je ne dis pas que tout le monde triche. Je dis simplement qu’on instaure une mauvaise culture lorsque la triche n’est pas sanctionnée avec fermeté. Et c’est une culture dangereuse. On crée un environnement dans lequel il devient normal de chercher des failles», dénonce-t-il.
L’an dernier, l’équipe norvégienne avait été prise en flagrant délit de manipulation de combinaisons lors des Championnats du monde, ce qui avait conduit à un durcissement des contrôles. Et lors de la dernière Tournée des quatre tremplins, plusieurs athlètes ont de nouveau été disqualifiés en raison de leur combinaison.
Un article du tabloïd allemand Bild, affirmant que certains sauteurs auraient recours à des injections d’acide hyaluronique pour augmenter temporairement la taille de leur sexe et ainsi obtenir un avantage lors des mesures, avait alors provoqué une vive polémique.
(t-online/roc)

