Cette règle doit être supprimée des Jeux olympiques
Jeux olympiques et modernité vont de pair. Il suffit, pour s’en convaincre, de s'intéresser à l'appellation de l'événement: pour distinguer la vision du baron Pierre de Coubertin des épreuves antiques, on parle volontiers des JO modernes.
Au fil du temps, les Jeux ont su évoluer, parfois même se réinventer, au point que l’on dit d’eux qu’ils reflètent les tendances de nos sociétés.
Les JO ont aussi su naviguer entre tradition et modernité, en transformant le programme de compétitions. Récemment, des disciplines comme le half-pipe, le big air, le slopestyle ou encore le ski cross ont été intégrées aux Jeux d’hiver, dans le but de séduire un public jeune.
En été, le basket 3x3 a fait son apparition aux Jeux de Paris 2024. Le surf et l’escalade, eux, ont été introduits à Tokyo en 2021, un événement qualifié de «moment clé dans la modernisation du programme olympique» par Thomas Bach, alors président du Comité international olympique (CIO).
Or malgré ces évolutions, une règle historique, totalement désuète, reste en vigueur: celle inscrite dans la Charte olympique du CIO, qui exige que tous les sports des JO d’hiver se pratiquent sur la neige ou la glace.
Ce point de règlement constitue aujourd’hui un obstacle à l’intégration du cyclo-cross aux Jeux d’hiver, alors qu’il n’existe guère de discipline plus hivernale.
Le cyclo-cross se pratique dans le froid de l’automne et de l’hiver, dans les labourés rendus impraticables par la pluie, la boue et le gel. Il est ici question de technicité. Le cyclo-cross n’a aucun intérêt sur un billard vert jonché de quelques tournesols.
Parfois, la neige s’immisce sur le parcours, sans pour autant entraver le bon déroulé de la course. Longtemps, la Coupe du monde a fait étape à Val di Sole, en Italie, où le paysage se drapait toujours d’un manteau blanc.
La station des Dolomites a disparu du calendrier, mais la neige, elle, continue de tomber sur les tracés. Du cyclo-cross de Mol en Belgique, remporté dans des conditions dantesques par Mathieu van der Poel, aux Championnats de Suisse 2026 à Schneisingen dans le canton d’Argovie, en passant aussi par des épreuves régionales en France voisine, les cyclocrossmen ont bravé les flocons tout au long de l'hiver.
L’introduction du cyclo-cross aux Jeux d’hiver ne devrait pas être freinée par la nature du revêtement. Le seul vrai obstacle pourrait être sa pratique concentrée au Benelux. Or le cyclisme est un sport international, au sein duquel les passerelles entre la route et les labourés existent. Placez le cyclo-cross aux JO, et la discipline accueillera à coup sûr des coureurs plus exotiques.
Si les Jeux reflètent réellement nos sociétés, ils devraient s’ouvrir davantage en hiver, à une époque où l’or blanc se fait rare et où les canons à neige en dérangent plus d’un. Ils devraient penser saisonnalité, voire, plus largement, sports de pleine nature et de montagne.
Note: le terme cyclo‑cross peut parfaitement être remplacé par cross.
