Le quota des genres est un casse-tête pour le ski suisse
La Suisse règne sur le ski alpin. Elle occupe une nouvelle fois la tête du classement des nations cet hiver et pourra aligner le contingent maximal de 22 athlètes aux Jeux olympiques de Milan-Cortina 2026. Mais il y a un bémol: le quota est limité à onze skieuses et onze skieurs. Et c’est précisément là que le bât blesse.
Côté masculin, la Suisse regorge de prétendants dans les disciplines de vitesse: ils sont plus nombreux à remplir les critères olympiques que le nombre de places disponibles. À l’inverse, le camp féminin traverse une saison compliquée. Les absences sur blessure de Lara Gut-Behrami et Michelle Gisin pèsent lourd et n’ont pas pu être compensées. À ce stade, douze hommes ont déjà validé les critères de sélection, contre cinq femmes seulement.
Aux Jeux olympiques de 2018, la situation aurait posé moins de problèmes. À l’époque, 24 athlètes pouvaient être sélectionnés, avec un plafond fixé à 14 par sexe. Mais pour des raisons d’égalité, le Comité international olympique (CIO) a depuis revu ces règles et resserré les quotas.
Pour Tom Stauffer, entraîneur en chef de l’équipe masculine suisse, la situation est source d’irritation. «La problématique du genre va ici trop loin et n’est pas constructive», a-t-il déclaré au Tages-Anzeiger. Selon lui, le débat est devenu excessivement politique:
Depuis plusieurs années, le Comité international olympique œuvre en faveur d’une parité stricte entre les sexes aux Jeux olympiques, un objectif presque atteint lors des Jeux de Paris 2024. Âgé de 57 ans, Stauffer et son staff sont désormais confrontés à un véritable casse-tête: composer le «bon» quatuor pour la descente et le super-G. D’autant plus que davantage de skieurs ont rempli les critères internes – soit une place dans le top 7 d’une course de Coupe du monde, soit deux fois dans le top 15 – qu’il n’existe de places au départ.
En descente, Marco Odermatt et le champion du monde Franjo von Allmen sont d’ores et déjà assurés de leur place. Troisième Suisse de la hiérarchie, Alexis Monney devrait lui aussi obtenir son ticket, d’autant plus qu’il s’est imposé en Coupe du monde l’hiver dernier sur la piste olympique de Bormio. Niels Hintermann, Alessio Miggiano et Marco Kohler ont également rempli les critères de sélection.
En super-G, Marco Odermatt semble, là aussi, assuré de sa place, tout comme Franjo von Allmen. Stefan Rogentin incarne la régularité: deux septièmes places et trois huitièmes rangs cet hiver. Alexis Monney peut, lui, s’appuyer sur une deuxième place cette saison et sur un troisième rang décroché l’an dernier à Bormio. Loïc Meillard avance un top 7 et un argument supplémentaire: la piste italienne lui réussit particulièrement bien.
En géant, le quatuor Odermatt–Meillard–Thomas Tumler–Luca Aerni semble solidement installé. En slalom, Meillard, Tanguy Nef et Matthias Iten, performant dimanche à Wengen, ont rempli les critères de sélection. Ce trio devrait prendre la direction de l’Italie. Avec l’épreuve par équipes – récemment intégrée au programme olympique – dans laquelle les Suisses avaient réalisé un retentissant triplé aux Mondiaux 2025, ils disposent d’une seconde chance de médaille.
Pour les spécialistes de vitesse, il reste un dernier week-end pour marquer des points. Vendredi et samedi, Kitzbühel accueillera un super-G et la mythique descente du Hahnenkamm. Après le slalom de dimanche, les décisions devront être arrêtées: qui aura le droit de représenter la Suisse aux Jeux olympiques de Milan-Cortina 2026?
