Young Boys est englué dans les profondeurs du classement, et ce, aussi bien en championnat qu'en Ligue des champions. Les Bernois restent néanmoins sur deux matchs sans défaite et semblent afficher un léger mieux. On pourrait en dire autant de leur prochain adversaire, à savoir le Shakhtar Donetsk.
Les Ukrainiens sortent peu à peu de la crise. Ils viennent de monter pour la première fois cette saison sur le podium de la Premier-Liha, après un début de championnat catastrophique, marqué par deux défaites. Le Shakhtar reste toutefois à six unités du Dynamo Kiev et ne détient qu'un seul point en Ligue des champions, alors qu'il nous a habitués à des campagnes européennes réussies ces dernières saisons.
Plusieurs raisons expliquent les difficultés rencontrées par Donetsk. Parmi elles, une préparation physique insatisfaisante, le fait que les hommes de Marino Pusic jouent sur courant alternatif et surtout, manquent de renfort sur le plan offensif. C'est en tout cas ce que constate Oleh Fedorchuk, entraîneur ayant bourlingué dans plusieurs clubs ukrainiens.
Qu'il est loin le temps où Luiz Adriano martyrisait les défenses et égalait un record de Messi en Ligue des champions. Brandão a également fait les beaux jours des Mineurs en attaque. Il y a eu une tradition offensive à l'Est de l'Ukraine. Or aujourd'hui, le Shakhtar est dépourvu de forces vives, à tel point que son entraîneur songe à n'aligner aucun attaquant mercredi face à YB. C'est ce qu'il a laissé entendre samedi en conférence de presse à l'issue de la victoire des siens face au FC Chornomorets Odesa.
Le technicien néerlandais pourrait donc opter pour un milieu de formation à la pointe de son 4-1-4-1 ou 4-2-3-1 en lieu et place d'un neuf traditionnel. A l'image de ce qui a déjà été proposé par Vicente del Bosque en équipe d'Espagne ou Pep Guardiola au Barça. Or le jeu du Shakhtar n'est pas aussi léché que celui des Espagnols et un tel remaniement peut aussi signifier des velléités offensives moindres.
Cette hypothèse d'une partie fermée se confirme par les chiffres. Le Shakhtar forme la meilleure attaque du championnat ukrainien (28 buts en 11 rencontres). Mais il ne doit ce statut qu'à des cartons face aux équipes de bas de tableau. Le reste du temps, il est le roi du 1-0 et a déjà remporté quatre matchs sur ce score. Qui plus est, le club orange et noir n'a toujours pas marqué en Ligue des champions cette saison. Et il a très peu tiré au but, rappelle Andriy Vorobei, légende du club.
Le risque de purge est donc grand, d'autant que le match face à YB se jouera sur terrain «neutre», à un horaire inadéquat (18h45) et dans une Veltins-Arena loin d'être remplie. Young Boys pourrait rendre la partie encore plus indigeste, si les Bernois affichent en Allemagne les mêmes intentions qu'à Zurich. Ils n'ont presque rien montré offensivement en Super League ce week-end et se sont contentés de défendre.
Les hommes de Joël Magnin pourront néanmoins profiter de l'objectif que se fixe le Shakhtar: rattraper à tout prix son retard en championnat, plutôt que de jouer un barrage en vue d'un éventuel huitième de finale de C1. Car cette saison, contrairement aux précédentes, seul le premier pourra valider son ticket pour la Ligue des champions, une compétition aux primes généreuses et à laquelle Donetsk a participé lors de neuf des dix derniers exercices. Ne pas la jouer l'an prochain serait une catastrophe.