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L'arbitre Micha Hebeisen, imberbe, sépare Noah Schneeberger du HC Bienne, à gauche, et Jeremy Wick de Rapperswil. C'était le 5 mars dernier.
L'arbitre Micha Hebeisen, imberbe, sépare Noah Schneeberger du HC Bienne, à gauche, et Jeremy Wick de Rapperswil. C'était le 5 mars dernier.source: keystone

Mieux vaut ne pas être un hipster pour arbitrer le hockey

C'est une règle non-écrite qui existe «depuis plus de 50 ans», selon Reto Bertolotti, ancien sifflet de National League et ex-chef des arbitres.
12.04.2022, 12:1812.04.2022, 17:53
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Vous l'avez peut-être remarqué si vous aimez le hockey sur glace: les joueurs se laissent pousser la barbe chaque saison lors des play-off, mais pas les arbitres. La raison? Ils n'en ont pas le droit, tout simplement. «C'est une loi non-écrite qui existe depuis plus de 50 ans», renseigne Reto Bertolotti, lui-même ancien arbitre (1987-2005) et ex-chef de la corporation (2005-2014).

«Les arbitres qui portent barbe ou moustache durant la saison régulière ont le droit de la conserver en séries finales, mais pas de la laisser pousser», nous confirme Andreas Fischer, l'actuel chef des «zébrés» (le surnom donné aux arbitres). Ceux qui sont lisses comme un puck doivent évidemment chasser les poils avant chaque partie. Est-ce pour ne pas faire de concurrence aux joueurs? «Pas du tout, répond M. Bertolotti. C'est une question d'image. On se doit d'être soignés. Les soirs de play-offs, c'est un peu comme le dimanche. C'est le jour du Seigneur.»

Reto Bertolotti (qui a aussi porté la moustache) lorsqu'il était encore en activité.
Reto Bertolotti (qui a aussi porté la moustache) lorsqu'il était encore en activité. Image: KEYSTONE

Ancien directeur de jeu devenu consultant, Stéphane Rochette soutient la démarche. «Je comprends tout à fait que les arbitres doivent être rasés de près durant les séries éliminatoires. Le look, c'est important.» Bien plus important que ce qu'on peut imaginer. M. Rochette explique pourquoi:

«Je le dis toujours aux jeunes arbitres que je supervise: les gens (entraîneurs, joueurs, spectateurs) vous jugent au premier coup d'oeil. Vous pouvez être le meilleur des types, le gars le plus intelligent de la terre, les personnes extérieures verront toujours en premier votre look, votre patinage et votre «body language». Si vous arborez un bouc ou une moustache un peu particulière, vous pouvez tout de suite avoir l'air un peu plus vieux, ou plus agressif, et vous donnez l'occasion aux autres de vous juger pour quelque chose qui n'est pas forcément vrai. Vous n'avez pas encore pris la moindre décision, qu'il vous faut déjà prouver que vous êtes un bon arbitre.»

Dans l'imagine collectif pourtant, «la moustache symbolise la masculinité et l’autorité» (source: Gend’info, la revue des 80 000 gendarmes de France). Les arbitres, dans l'exercice de leurs fonctions, n'auraient-ils pas intérêt à en porter une? Leur souveraineté n'en sortirait-elle pas grandie? «Non», répond un ancien zébré de Ligue Nationale, qui se souvient qu'un de ses collègues avait été desservi par son bouc. «Cela le rendait arrogant, alors qu'il ne l'était pas du tout.»

La pilosité du quatuor arbitral est prise très au sérieux par la corporation, et pas seulement en Suisse: en NHL comme au Championnat du monde, barbes et moustaches sont proscrites.

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