Ce célèbre coach suisse cartonne partout où il passe, et ça s'explique
Lorsque Urs Fischer arrive à Mayence en décembre, le club est dernier de Bundesliga et compte six points de retard sur le premier non-relégable. Aujourd’hui? Les «rouge et blanc» occupent la 9e place et vont disputer un quart de finale de Conference League.
La victoire 2-1 samedi sur la pelouse d'Hoffenheim (5e) était le troisième succès consécutif. Le club s'est nettement éloigné de la zone rouge, avec douze points d'avance sur le 17e et premier relégable, Wolfsburg. «Une victoire importante, elle nous aide. Mais le verdict tombera après la 34e journée», a tempéré Fischer samedi, freinant l’euphorie.
Le classement actuel de Bundesliga
Il n'empêche: le bilan de l'entraîneur suisse sur les bords du Rhin est impressionnant. Sur 15 matchs de Bundesliga, seuls deux ont été perdus. Si l’on ne comptait que les rencontres disputées sous la direction du Zurichois, Mayence pointerait au 5e rang, devant des poids lourds comme Leverkusen et Leipzig. Et il y a donc aussi cette qualification en quarts de finale de la Conference League, où les Nullfünfer affronteront Strasbourg (match aller ce jeudi en Allemagne, retour sept jours plus tard en France).
Un jeu sobre mais très efficace
«Dès le début, sa stratégie a été de faire jouer simplement», analyse Michael Ebert, qui suit le travail d'Urs Fischer comme journaliste pour le média spécialisé Kicker.
Sous la houlette du Zurichois, Mayence évolue tout en contrôle et concède peu d’occasions.
Fischer est depuis longtemps considéré comme un pragmatique. En 2017, le FC Bâle ne lui avait pas proposé de nouveau contrat après deux titres de champion, invoquant un football certes efficace, mais peu séduisant. Résultat: sept ans sans titre pour le club bâlois.
Si Urs Fischer était un chef étoilé, son menu serait de simples Ghackets mit Hörnli, les célèbres cornettes avec de la viande hachée. Mais les meilleurs Ghackets mit Hörnli qui soient. L’ex-international suisse et capitaine emblématique du FC Zurich (60 ans) a depuis longtemps compris que bien faire les choses simples peut mener très loin. Lors de sa précédente expérience sur un banc (2018-2023), il a fait passer Union Berlin de la deuxième division allemande à la Ligue des champions.
Sérénité chez «les bourrins»
Par sa manière d’être, Urs Fischer apporte du calme à une équipe et parle sans détour. Le capitaine Silvan Widmer, qui jouait à peine sous son prédécesseur Bo Henriksen, a récemment qualifié Fischer de «gros coup de chance» pour lui et pour le club. Il a salué chez son compatriote un excellent communicant.
A 33 ans, Widmer a retrouvé une place de titulaire sur le flanc droit. Et Fischer, lui, a trouvé son équipe: face à Hoffenheim, il a aligné le même onze pour la quatrième fois consécutive. Il a demandé à son dispositif en 3-5-2 d’attendre, de défendre solidement et d’opérer en contre. Dans la lutte pour le maintien, il n’y a pas de concours de beauté: seuls les points comptent.
Le défenseur suisse de Hambourg, Miro Muheim, a récemment qualifié les joueurs de Mayence de «bande de bourrins», en référence à leur intensité dans les duels. «L’impact physique fait partie de nos bases», a répondu Urs Fischer. Bien sûr, un tel style de jeu entraîne parfois des fautes. «Mais je pense que cela fait partie du football.» Et ça réussit très bien au technicien zurichois – sous contrat jusqu'à l'été 2028 – et à son équipe, qui pourrait vite viser davantage que le maintien.
Adaptation en français: Yoann Graber
