Sport
Cyclisme

Cyclisme: une série mondiale d'Everesting est en préparation

«Inspiré de l'ironman»: une série cycliste inédite arrive

Fondateur du défi Everesting, l'Australien Andy van Bergen a organisé cette année le tout premier Mondial de la discipline. Il revient sur cette première édition et nous présente son nouveau projet, inspiré du modèle ironman, qui pourrait bientôt le mener en Suisse. Interview.
16.11.2025, 07:0316.11.2025, 07:03

L'Everesting est un défi bien connu des passionnés de cyclisme: il consiste à gravir, sur une même pente escaladée à plusieurs reprises, un dénivelé total de 8 848 mètres, soit l'équivalent d'un Everest. Le challenge connaît un tel succès qu'il a donné lieu cette année à son tout premier Championnat du monde, auquel plusieurs coureurs suisses ont pris part. La première pierre d'un projet global, dans lequel la Suisse dispose de tous les atouts pour jouer un rôle important.

Andy, quel regard portez-vous sur le tout premier Championnat du monde d’Everesting, que vous avez récemment organisé sur les pentes de l’Etna en Italie?
L'événement a répondu à nos attentes: il a été brut, exigeant et authentique. Il a réuni des cyclistes venus du monde entier, unis par un état d’esprit plutôt que par une licence sportive.

Plusieurs concurrents avec lesquels nous avons échangé ont semblé ravis de cette première édition.
L’ambiance ressemblait davantage à un rassemblement d’ultra-endurance qu’à une course sur route classique: chacun a puisé dans ses retranchements, les coureurs se sont soutenus mutuellement et sont repartis avec des histoires qu’ils pourront raconter durant de longues années. Cela a vraiment confirmé l’idée qu’un défi individuel pouvait se transformer en un véritable événement international. Cette énergie et cet esprit de communauté étaient exactement ce que nous voulions créer.

«Les retours ont dépassé nos attentes»

Cependant, il y a eu un bémol: les délais étaient si courts que peu de coureurs ont été classés. Etait-ce volontaire de votre part?
Oui, cette limite de temps visait à renforcer la dimension «Championnat du monde» plutôt qu’à transformer l’épreuve en un défi de survie de 24 heures. L’Everesting restera toujours un accomplissement personnel, mais ce format devait créer une vraie pression, où préparation, gestion de l’effort et stratégie sont déterminants. Nous voulions que le peloton de tête illustre l’excellence en matière d’endurance, tout en laissant la porte ouverte à des amateurs ambitieux capables de terminer dans les temps. Cela a donné lieu à une journée intense et passionnante.

«Cela dit, les prochaines éditions proposeront probablement des délais un peu plus long»
Andy van Bergen est le créateur du défi Everesting.
Andy van Bergen est le créateur du défi Everesting.image: dr

A propos des prochaines éditions: le Championnat du monde l’an prochain a déjà été confirmé. Or vos ambitions vont bien au-delà. Parlez-nous de votre vision pour la discipline.
Nous voulons construire une série mondiale inspirée du modèle ironman: des épreuves qualificatives régionales menant à une finale annuelle en Italie. Nous travaillons actuellement sur la structure et sur des partenariats locaux avec des acteurs qui comprennent à la fois la culture cycliste et la narration propre à l’endurance. L’objectif est de lancer plusieurs événements européens en 2026, qui mèneront au deuxième Championnat du monde en Sicile la même année (réd: une manche à Villach en Autriche vient d'être officialisée). Par la suite, nous voulons nous développer dans d’autres régions du monde, en privilégiant un petit nombre d’événements bien pensés et fidèles à l’esprit de la discipline, plutôt qu’une croissance trop rapide.

Un projet visiblement passionnant. Mais existe-t-il une réelle demande pour ce type d’événement?
L’Everesting se situe à la croisée du sport d’endurance, de l’aventure et de la communauté. Il attire des cyclistes à la recherche d’un défi personnel, tout en leur offrant le sentiment de faire partie de quelque chose de plus grand. Notre objectif à long terme ne se limite pas à faire croître les chiffres: nous voulons bâtir une culture mondiale autour de la résilience. Le Championnat du monde restera volontairement limité et prestigieux, mais l’écosystème global de l’Everesting – avec ses formats «Quarter» et «Half» (réd: un quart et la moitié de l'altitude de l'Everest à gravir) ou ses versions virtuelles – peut certainement accueillir des dizaines de milliers de participants chaque année.

L’affiche du prochain Mondial d’Everesting, un événement dont Vincenzo Nibali est l’ambassadeur.
L’affiche du prochain Mondial d’Everesting, un événement dont Vincenzo Nibali est l’ambassadeur.image: everesting

La Suisse semble toute indiquée pour accueillir une manche de qualification à l'avenir.
Il ne fait aucun doute que la Suisse offrirait un cadre parfait pour un événement aussi épique qu’un Everesting. Après tout, elle réunit tout ce qui rend la discipline spéciale: des ascensions spectaculaires, une culture cycliste profondément enracinée et un vrai goût pour le défi.

«C’est une région
très bien placée sur
notre liste pour accueillir
une manche à part entière»

Y a-t-il des ascensions en Suisse qui vous font de l’œil?
Des ascensions comme le Grimselpass, le Klausenpass ou le Sanetsch seraient exceptionnelles. Et bien sûr, un grand classique pour les Everesters, et les grimpeurs en général, reste le mythique Saint-Gothard. Tous offrent du dénivelé, des paysages spectaculaires et ce sentiment d’isolement propre aux plus beaux défis d'Everesting.

Selon vous, qu’est-ce qui fait qu’une montée est idéale pour une manche d’Everesting?
Une montée parfaite doit trouver un juste équilibre. Elle doit être assez raide pour être efficace, sûre et prévisible à la descente, avec un accès facile pour l’assistance et le public. La régularité du pourcentage compte plus que la longueur.

«Les coureurs ont besoin de trouver leur rythme»

Dernière question, Andy. Vous organisez un événement mondial en dehors du cadre officiel de l’Union cycliste internationale (UCI). Ne craignez‑vous pas qu’elle cherche à s’approprier la discipline?
Nous avons des contacts avec l’UCI, mais nous n’avons jamais abordé ce dont vous suggérez. Cela dit, nous bénéficions d’une solide protection de notre propriété intellectuelle à l’échelle mondiale, notamment dans les pays susceptibles de les intéresser s’ils venaient un jour à se lancer dans ce type de projet. Il n’y a donc aucune inquiétude réelle à ce sujet.

Plus d'articles sur le sport
Fiasco total pour l'écurie Aston Martin en F1
Fiasco total pour l'écurie Aston Martin en F1
de Romuald Cachod
Polémique autour du match de rugby Ecosse-France
Polémique autour du match de rugby Ecosse-France
Un tournoi de tennis très rare va naître près de la Suisse
Un tournoi de tennis très rare va naître près de la Suisse
de Yoann Graber
«Génial»: Une innovation en biathlon cartonne
«Génial»: Une innovation en biathlon cartonne
Une joueuse de tennis placée sous protection policière
1
Une joueuse de tennis placée sous protection policière
de Yoann Graber
Cet arbitre suisse raconte son improbable idée lors d'un match Iran-USA
Cet arbitre suisse raconte son improbable idée lors d'un match Iran-USA
de Sebastian Wendel
Cette Romande est une championne ultime
Cette Romande est une championne ultime
de Julien Caloz
Le curieux aveu d'une ancienne star du foot suisse
Le curieux aveu d'une ancienne star du foot suisse
Ce mythe du foot romand prend sa retraite et raconte ses «dernières fois»
Ce mythe du foot romand prend sa retraite et raconte ses «dernières fois»
de Yoann Graber
Le pilote le plus capé de la F1 n’est pas celui que l’on croit
Le pilote le plus capé de la F1 n’est pas celui que l’on croit
de Nicolas basquez
Blessures, conflit familial, soucis d’argent: Dominic Stricker se livre
Blessures, conflit familial, soucis d’argent: Dominic Stricker se livre
de simon hÄring
Un scandale de tricherie secoue la course à pied suisse
Un scandale de tricherie secoue la course à pied suisse
de Simon häring
Le rugby suisse est à 80 minutes d'un exploit historique
Le rugby suisse est à 80 minutes d'un exploit historique
de Romuald Cachod
La guerre en Iran met la Fifa dans l'embarras
2
La guerre en Iran met la Fifa dans l'embarras
de Sebastian Wendel
Marianne Fatton a un lien spécial avec la Patrouille des Glaciers
Marianne Fatton a un lien spécial avec la Patrouille des Glaciers
de Julien Caloz
Ce Romand a créé le site qui va aider tous les randonneurs à ski
Ce Romand a créé le site qui va aider tous les randonneurs à ski
de Yoann Graber
Deux clubs romands ont tenté de recruter DiDomenico
1
Deux clubs romands ont tenté de recruter DiDomenico
de Klaus Zaugg
Un scénario catastrophe guette le foot suisse
1
Un scénario catastrophe guette le foot suisse
de Romuald Cachod
«J'ai eu un seul privilège grâce à mon nom»: Massimo Lorenzi se confie
1
«J'ai eu un seul privilège grâce à mon nom»: Massimo Lorenzi se confie
de Yoann Graber
Federer doit reprendre sa carrière pour tenir sa promesse
Federer doit reprendre sa carrière pour tenir sa promesse
de Ralf Meile
«Les joueuses peuvent exprimer en toute intimité leur frustration» dans cette pièce
«Les joueuses peuvent exprimer en toute intimité leur frustration» dans cette pièce
de Yoann Graber
Un duel entre deux géants affole la planète sport
Un duel entre deux géants affole la planète sport
de Julien Caloz
Voici une astuce méconnue pour être meilleur sur marathon
Voici une astuce méconnue pour être meilleur sur marathon
de Julien Caloz
Reportage au royaume de Messi et Barbie à Miami
1 / 25
Reportage au royaume de Messi et Barbie à Miami

En Floride, watson est allé à la rencontre des fans de l'Inter-Miami et (surtout) de Lionel Messi.

partager sur Facebookpartager sur X
On a goûté le vin de Messi (vidéo entière)
Video: watson
Ceci pourrait également vous intéresser:
Avez-vous quelque chose à nous dire ?
Avez-vous une remarque ou avez-vous découvert une erreur ? Vous pouvez nous transmettre votre message via le formulaire.
0 Commentaires
Comme nous voulons continuer à modérer personnellement les débats de commentaires, nous sommes obligés de fermer la fonction de commentaire 72 heures après la publication d’un article. Merci de votre compréhension!
La guerre en Iran met la Fifa dans l'embarras
Après les troubles internes aux Etats‑Unis et au Mexique, deux des trois pays organisateurs de la prochaine Coupe du monde, la Fifa est désormais confrontée à un problème encore plus délicat: celui de la participation de l’équipe iranienne au Mondial.
L’Iran a été la première nation à se qualifier pour la Coupe du monde 2026, organisée aux Etats‑Unis, au Mexique et au Canada. Mais sa participation est aujourd’hui incertaine en raison des frappes militaires américaines subies par le pays.
L’article