Comment le Suisse Denis Zakaria a sorti Monaco de la crise
Invaincus depuis fin janvier, Monaco et son capitaine, le milieu suisse Denis Zakaria, reconverti avec succès défenseur central, entendent surfer sur leur dynamique et visent une huitième victoire consécutive en Ligue 1, contre le Paris FC au Stade Jean-Bouin, vendredi à 19h.
La série en cours est d'autant plus impressionnante que les Monégasques ont battu ces dernières semaines le RC Lens (3-2), le PSG au Parc des Princes (3-1), Lyon (2-1) et Marseille (2-1). Ils ont ainsi rattrapé leurs concurrents dans la course à une qualification pour la Ligue des champions.
Au soir de la 19e journée, pire moment de leur saison, ils étaient 10e de Ligue 1 et comptaient 14 points de retard sur le podium. A l'époque, les joueurs du Rocher n'avaient récolté que quatre points depuis leur défaite contre le Paris FC lors de la 11e journée, soit le plus mauvais ratio de Ligue 1 sur la période. Leur entraineur Sébastien Pocognoli, qui avait succédé deux mois plus tôt à Adi Hütter, se trouvait alors sur la sellette.
Or en cas de victoire à Jean-Bouin, vendredi, Monaco peut monter sur le podium, au moins quelques heures en attendant les autres résultats. Pour y parvenir, l'ASM restera fidèle à ses nouveaux principes, parmi lesquels figure le repositionnement de Denis Zakaria.
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Pocognoli a eu l'idée lumineuse, après la déroute défensive au Santiago Bernabeu contre le Real Madrid en Ligue des champions (6-1), de replacer le Suisse en défense central. Depuis, avec Wout Faes et Thilo Kehrer, il forme un trio haut-de-gamme difficilement prenable.
«Trouver un central dans une défense à trois qui sait défendre vers l'avant, vers l'arrière et faire des infiltrations avec ballon, ce n'est pas facile», indique Pocognoli au sujet du milieu de terrain de formation qui, selon lui, «a un grand futur à ce poste».
Zakaria reste évasif à ce sujet. En revanche, il reconnaît évidemment que le redressement de Monaco «est aussi passé par ce changement». «Depuis que je suis derrière, ça va mieux», soutient-il. «Je suis un joueur d'équipe. Si ça va mieux comme ça, on continue. Si je peux aider dans cette position, je le fais volontiers.»
Ce repositionnement n’a bien sûr pas échappé au sélectionneur national, Murat Yakin, qui a testé Denis Zakaria au poste de latéral droit lors du récent match amical contre l’Allemagne, puis dans une défense à trois, comme en club, face à la Norvège.
Mais revenons à Monaco, où Pocognoli a donc trouvé l'équilibre grâce au Genevois. Un équilibre auquel il ne touchera pas dans la dernière ligne droite. Car malgré la dynamique actuelle, Monaco n'a aucune marge.
«On n'a pas plus notre destin en main que Rennes, Lyon, Lille, Strasbourg, Marseille», pointe le technicien. «On cherche à rattraper les points perdus sur les matchs aller. A Paris, ce sera très compliqué. Je suis curieux de voir comment on va aborder ce match mentalement. Mais pour continuer notre belle série, il faudra élever notre niveau, surtout si l'on regarde notre première mi-temps contre Marseille.»
«Le combat sera intense jusqu'à la dernière journée», appuie Denis Zakaria, tout en se montrant particulièrement élogieux envers son entraîneur.
«J'en ai fait des conférences quand c'était vraiment la crise», se souvient le capitaine. «Ce qui est fou, c'est que le coach n'a jamais changé. Il est arrivé avec des idées claires, sûr de lui. C'est sa force. Il est réconfortant pour l'équipe, dont il est très proche. Son envie de réussir est communicative. C'est aussi une grosse raison pour laquelle on a réussi à redresser la barre.»
(afp/roc)
